YAN GIGUÈRE @ castiglione

© Yan Giguère, Série Entrelacs, 2018
Yan Giguère, Série Entrelacs, 2018

« Suite cinétique (2016-2018) »
15 mai — 15 juin | May 15 — June 15
lacastiglione.ca

Depuis le milieu des années 2010, je m’applique à capter des séquences avec un appareil bas de gamme : le Lomokino. Ce petit boîtier, tout en plastique, permet de tourner des films animés sur une pellicule 35 mm de 36 poses au format de 24 x 36 mm. L’appareil est actionné par une manivelle qu’on tourne pour contrôler la vitesse de déroulement de la pellicule. Sur celle-ci apparaissent finalement 144 petites images. Au fil de mes expérimentations, je me suis rendu compte que la simulation du déploiement du temps se trouve amplifiée dès lors que le résultat est présenté sans animation, en pièces détachées.

Les séries qui composent Suite cinétique ont toutes été réalisées lors de promenades, chaque série renvoyant respectivement à l’une d’entre elles, et donc à un lieu circonscrit : un champ de graminées pour Les herbes, la bordure d’une forêt pour La forêt du chevreuil à lunettes, une chambre à coucher pour Nous trois, un rassemblement de vinaigriers sur le bord d’un lac pour Entrelacs et une maison abandonnée près d’une pinède pour L’éclaircie. Les séquences sont parfois présentées selon l’ordre temporel de la captation (Les herbes et Nous trois). Plus souvent, cependant, je m’amuse à déconstruire leur temporalité pour les recomposer en les ponctuant d’images que j’ai tirées d’autres contextes de prise de vue.

— Yan Giguère

 

La démarche artistique de Yan Giguère est caractérisée par les associations formelles, narratives et poétiques de photographies mises en espace. Les images assemblées au mur selon un mode d’accrochage installatif, en constellation, lancent diverses pistes de lecture qui servent le ou les sujets abordés. Souvent, plusieurs récits deviennent là possibles et s’entrecroisent. La façon qu’a l’artiste de procéder est très près du montage cinématographique. Giguère crée des « narrations » à partir de photographies issues de divers contextes de prise de vue, captées dans la discontinuité sur de longues périodes de temps. Il s’intéresse à la façon que l’on a de percevoir le temps. Il croit, à l’instar de Gaston Roupnel et de Gaston Bachelard, que celui-ci n’est pas constitué d’un enchaînement linéaire d’instants construisant la durée, mais plutôt par le jaillissement simultané de ceux-ci. Dans son travail, il tente toujours de créer un ensemble à interprétation ouverte qui souligne et questionne la coexistence des différentes couches de réalité. Son défi est de dépasser le caractère privé, l’anecdote et l’anodin des sujets en représentant finalement une cosmogonie à « entrées diverses ». Il en résulte une véritable inondation d’images, de formats, de sens, de surinformations cognitives et sensorielles qui enveloppent chaque visiteur-regardeur. On peut ici accéder à l’œuvre par divers sentiers et prendre plusieurs routes pour la traverser.

Yan Giguère vit et travaille à Montréal. Il compte plusieurs expositions individuelles à son actif, notamment, dans cette ville, Chavirer (présentée au centre VOX en 2001), Bienvenue (à la galerie B‑312 en 2002), Choisir (chez Occurrence en 2007), Attractions (au centre Optica en 2009) et Visites libres (au centre Clark en 2013). Une exposition rétrospective de son travail s’est tenue au Musée d’art de Joliette en 2016. Ses œuvres font partie de nombreuses collections publiques et particulières, dont la collection Desjardins, la collection d’œuvres d’art d’Hydro-Québec de même que celles du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée d’art de Joliette.

L’artiste souhaite remercier les appuis et les contributions de Marie-Claude Bouthillier, Annie Lafleur, Valérie Litalien et l’Atelier Clark.

Since the mid-2010s, I have been trying to capture short sequences with a low-end camera that makes short films: the Lomokino. This small camera, made of plastic, allows me to shoot films on a 35mm roll of thirty-six exposures in 24x 36 format. The device is operated by a crank that controls the speed at which the film unwinds. This camera ultimately produces 144 small images on the film of 36 exposures. Over the course of my experiments with this device, I realized that the simulation of the passage of time is amplified by presenting the results without animation, as individual pieces.

The anchor of each series in kinetic Suite is the specific documentation of a walk in a circumscribed place. A field of grass for Les herbes, the edge of a forest for La forêt du chevreuil à lunettes, a bedroom for Nous trois, a gathering of vinegar trees on the edge of a lake for Entrelacs, and an abandoned house near a pine forest for L’éclaircie. The sequences are sometimes presented in their chronological order of capture (Les herbes and Nous trois). However, I find pleasure in the deconstruction of the temporal sequences, recomposing them by punctuating them with images from different shoots.

— Yan Giguère

 

Yan Giguère’s work is characterized by the display of large numbers of meticulously arranged photographs. In each of his photographic installations, the selected and grouped images evoke different facets of the main theme or themes. From the relationships between the images emerge formal, narrative or poetic associations. Several stories take form and intersect. Employing a technique very similar to film editing, Yan Giguère explores the way we perceive time, which he sees not as a linear succession but as a simultaneous explosion of moments. He aims in his work to create open ensembles that highlight and examine the coexistence of different layers of reality. The challenge he sets himself is to transcend the private, anecdotal or banal nature of the subjects photographed in order to present a multiple-access cosmogony.

Yan Giguère lives and works in Montreal. he’s work has been the object of a number of solo exhibitions in Montreal, including Chavirer presented at Galerie Vox (2001), Bienvenue, at Galerie B312 (2002), Choisir, at Galerie Occurrence (2007), Attractions, at Galerie Optica (2009), and Visites libres, at the Centre Clark (2013), as well as a retrospective at the Musée d’art de Joliette (2016). Among the numerous public and private collections featuring his work are those of the Musée national des beaux-arts du Québec, Musée d’art de Joliette, Collection Desjardins and Collection Hydro-Québec.

The artist would like to thank the support and contributions of Marie-Claude Bouthillier, Annie Lafleur, Valérie Litalien and Atelier Clark.

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