KENT MONKMAN @ pfoac

Kent Monkman, Study for Two Figures Restraining a Third, 2018, acrylique sur toile, 40.5 x 51 cm
Kent Monkman, Study for Two Figures Restraining a Third, 2018.

« La maison de fous »
14 mars — 27 avril | March 14 — April 27
pfoac.com

Ma série la plus récente, La maison de fous, est une réflexion sur l’héritage de l’institutionnalisation colonialiste des peuples autochtones du Canada. M’inspirant de la pensée de Michel Foucault et des œuvres de Francis Bacon et de Francisco de Goya, je cherche, avec La maison de fous, à représenter les luttes littérales et allégoriques entre gardiens et détenus dans des espaces claustrophobes d’internement, en exposant l’impact psychologique de l’incarcération sur les peuples autochtones.

Depuis la formation politique du Canada, les peuples autochtones ont été soumis à des politiques d’incarcération et d’institutionnalisation. En 1876, la Loi sur les Indiens a contraint les peuples autochtones à respecter des frontières et des catégories coloniales, et a limité les moyens par lesquels ils étaient autorisés à jouir de leurs terres et de leurs traditions, contrôlant l’ensemble de leurs mouvements. Cette même loi définit, aujourd’hui encore, qui est ou n’est pas un « Indien ». Dans ses tentatives d’assimilation coloniale, le gouvernement canadien retire, depuis 1883, des enfants de leurs milieux familiaux, communautaires et culturels. Qu’il s’agisse de sept générations d’écoles résidentielles ou du nombre stupéfiant d’enfants dans le système de protection de l’enfance, ces politiques abusives ont conduit à un traumatisme généralisé et à d’autres problèmes de santé mentale parmi les survivants. Conséquemment, l’on fait face à une sur-incarcération d’adultes autochtones dans les hôpitaux et les prisons. Aujourd’hui, les Autochtones représentent environ cinq pourcent de la population canadienne, mais plus de la moitié des enfants en famille d’accueil sont Autochtones, et les adultes autochtones constituent vingt-sept pourcent de la population des prisons fédérales. Dans certaines prisons, comme celles de Kenora, la population autochtone compte pour quatre-vingt-dix pourcent des détenus. Les personnes autochtones que je représente dans les peintures de la Maison des fous affichent les effets de traumatismes intergénérationnels, et je voulais montrer l’expression brute de leur douleur, tout en honorant leur force.

J’ai situé la série La maison des fous dans des espaces évoquant des institutions coloniales. Dans des scènes rappelant le panoptique de Michel Foucault, des personnes autochtones se trouvent isolées dans des prisons froides et oppressives, leurs individualités détruites par une société qui les nie, qui les catégorise et les confine en fonction de ses besoins. Des échos de l’architecture abstraite et des espaces de violence confuse de Francis Bacon sont perceptibles ici dans les murs sombres des institutions et dans l’interaction entres les figures clôturées. Les rencontres brutales qui ont lieu au sein des peintures évoquent également la tourmente dans La maison de fous de Goya, qui ont inspiré le nom de cette série. Les figures sont prisonnières de luttes à la fois physiques et métaphysiques, avec quelques œuvres représentant des êtres célestes que peut-être seuls les détenus peuvent voir.

En exposant la violence et le traumatisme de l’institutionnalisation coloniale qui se poursuit aujourd’hui au Canada et dans tant d’autres pays, je souhaite rendre hommage à la résistance durable des peuples autochtones.

— Kent Monkman

 

Kent Monkman est un artiste d’origine crie travaillant avec une variété de techniques incluant peinture, gravures film et vidéo, performance et installation. Ses oeuvres ont été présentées dans le cadre de nombreuses expositions personnelles (Musée des beaux-arts de Montréal, Museum of Canadian Contemporary Art, Winnipeg Art Gallery, Art Gallery of Hamilton, Woodlands Cultural Centre, Glenbow) et dans de nombreuses expositions de groupe telles que Shapeshifting: Transformations in Native American Art au Peabody Essex Museum aux États-Unis, Remix: New Modernities in a Post Indian World (tournée nord-américaine) notamment à la Art Gallery of Ontario, Remember Humanity at Witte de With, Rotterdam, la Biennale de Sydney de 2010, My Winnipeg à la Maison Rouge à Paris, la Biennale de Montréal de 2007, Oh Canada! au MASS MOCA, Stealing the Gaze: Portraits by Aboriginal Artists au Musée des beaux-arts du Canada, We Come in Peace: Histories of the Americas (tournée nord-américaine) dont au Musée d’art contemporain de Montréal, au Denver Art Museum et The American West à Compton Verney en Angleterre. Ses oeuvres figurent dans plusieurs collections publiques et privées notamment au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée d’art contemporain de Rochechouart (France), Musée des beaux-art de Montréal, au Musée d’art contemporain de Montréal, à la Art Gallery of Ontario, au Museum London, Woodland Cultural Centre, au Glenbow Museum, au Indian Art Centre, à la Robert McLaughlin Gallery, au Mackenzie Art Gallery, à la Banque d’oeuvres d’art du Conseil des arts du Canada, au Musée d’art de Joliette, à la Galerie Leonard & Bina Ellen, au Smithsonian/National Museum of the American Indian, à la Vancouver Art Gallery, à la Fondation de la Maison Rouge (Paris), Rideau Hall (Ottawa),au Denver Art Museum, à l’University of Toronto, à la Fondation Claridge (Montréal), au Groupe financier BMO et à la Banque Royale. Les oeuvres de sa série des « Quatre Continents » sont réunies pour la première fois en ce moment à la Kitchener-Waterloo Art Gallery. Il travaille depuis deux ans sur l’importante exposition Shame and Prejudice: A Story of Resilience qui vient d’être inaugurée au Art Museum at the University of Toronto et qui parcourra le pays durant les trois prochaines années.

My latest series The Madhouse reflects on the legacy of colonial institutionalization of Indigenous peoples in Canada. Drawing inspiration from Michel Foucault, Francis Bacon, and Francisco de Goya, the Madhouse series depicts literal and allegorical struggles between guards and inmates in claustrophobic spaces of internment, exposing the psychological impact of incarceration on Indigenous people.

Since the political formation of Canada, Indigenous peoples have been subject to colonial policies of incarceration and institutionalization. In 1876, the Indian Act confined Indigenous people to colonial borders and categories, restricted how they were legally allowed to relate to their land and traditions, controlled their movement, and to this day still defines who is and who is not an “Indian.” In its attempts to assimilate us into the colonial project, the Canadian government has been removing Indigenous children from their families, communities, and cultures since 1883. Whether it was seven generations of residential school, or the staggering number of children in the child welfare system, these abusive policies led to widespread trauma and other mental health issues among survivors, which in turn gave rise to a pattern of over-incarceration of Indigenous adults in hospitals and prisons. Today, Indigenous people represent about five percent of Canada’s population, but over half the children in foster care are Indigenous. Almost half of incarcerated youth are Indigenous, and Indigenous adults comprise twenty seven percent of the federal prison population. In some prisons, like those in Kenora, the Indigenous population represents ninety percent of the inmate population. The Indigenous people I portray in the Madhouse paintings bear the effects of intergenerational trauma, and I wanted to show the raw expression of that pain as well as honour their strength.

I located the Madhouse series in spaces that evoke colonial institutions. In scenes recalling Michel Foucault’s panopticon, Indigenous people are isolated in cold, oppressive prisons, denied their individuality by a society that categorizes and confines them according to its needs. Echoes of Francis Bacon’s abstracted architecture and spaces of confused violence are visible in the dark institutional walls and interactions between the fenced-in figures. The brutal encounters that take place within the paintings also evoke the turmoil of Francisco de Goya’s madhouse works, from which this series takes its name. The figures are locked in both physical and metaphysical struggles, with some works depicting celestial beings that perhaps only the inmates can see.

By exposing the violence and trauma of colonial institutionalization that continues in Canada and so many other countries to this day, I wish to pay homage to the enduring resistance of Indigenous peoples.

— Kent Monkman

 

Kent Monkman is a Canadian artist of Cree ancestry who works with a variety of mediums, including painting, film/video, performance, and installation. He has had solo exhibitions in numerous Canadian museums including the Montreal Museum of Fine Art, the Museum of Contemporary Canadian Art in Toronto, the Winnipeg Art Gallery, and the Art Gallery of Hamilton. He has participated in various international group exhibitions including: The American West, at Compton Verney, in Warwickshire, England, Remember Humanity at Witte de With, Rotterdam, the 2010 Sydney Biennale, and Oh Canada!, MASS MOCA. The Musée d’art contemporain de Rochechouart in France presented his first solo Museum exhibition in Europe in 2014. Kent has worked for the last two years on Shame and Prejudice: A Story of Resilience a major touring exhibition which started at the University of Toronto Art Museum. Currently also on view at the Kitchener-Waterloo Art Gallery are the works of his Four Continents shown together for the first time. His work is represented in numerous public and private collections including the National Gallery of Canada, the Denver Art Museum, Musée d’art contemporain de Rochechouart, the Montreal Museum of Fine Arts, la Fondation de la Maison Rouge (Paris), the Musée d’art contemporain de Montreal, Rideau Hall, Leonard and Bina Ellen Art Gallery, the Glenbow Museum, the Art Gallery of Ontario, the Smithsonian’s National Museum of the American Indian, the Vancouver Art Gallery, Claridge, BMO Financial Group and the RBC Art Collection.

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