VICTORIA + HELENA @ la centrale

Helena Martin Franco et Victoria Stanton
Helena Martin Franco et Victoria Stanton

« Prix Powerhouse 2018 »
16 novembre — 7 décembre | November 16 — December 7
Banquet 7 décembre 18h | December 7, 6PM
lacentrale.org

Artistes : Helena Martin Franco et Victoria Stanton

 

Une poutine existentielle est aussi une poutine. Elle est une rencontre d’expériences distinctes et singulières, de pratiques artistiques et de corps en action. Ainsi, Victoria et Helena ferons mijoter une sauce de démarches artistiques dans cette cocotteminute qui deviendra l’espace de la salle d’exposition. Nous arroserons les frites et le fromage de questions existentielles sur la migration, les féminismes, l’effet de présence et du performatif sur le vif. Au cours de la cuisson (du 9 novembre ou 7 décembre), nous avons invité certain.e.s complices à faire partie de la préparation de cette poutine spirituelle (platonique, artistique, immatérielle).

 

Les lauréates de l’édition 2018 du Prix Powerhouse ont été choisies par consensus des membres du jury, à l’issue de délibérations animées sur les trente-quatre dossiers de nomination à l’étude. Les débats ont été alimentés avec conviction de la part de chacune d’entre nous, et suivis avec un véritable esprit d’ouverture et d’écoute à l’égard des arguments des unes et des autres. Ce fait mérite d’être souligné du fait de la réelle diversité, au sein du jury, de nos perspectives et de nos pratiques. Notre choix s’est porté sur deux artistes de grande envergure, qui contribuent de manière décisive à une forme d’art encore trop marginalisée par les institutions, tout en étant actives depuis longtemps dans leur communauté. À cet égard, nous n’avons pas opté pour des inconnues, mais pour de véritables battantes dont l’engagement à leur pratique artistique et à leur milieu est sans réserves, et mérite aujourd’hui d’être honoré. Mentionnons également que l’exercice nous a souvent permis la découverte d’artistes à la pratique extraordinairement riche, de même qu’une meilleure connaissance du travail de plusieurs autres. On peut ainsi avancer sans risque que nos travaux auront un impact sur l’orientation de programmations futures dans des contextes autres que celui présent. Voilà qui signale à quel point, au-delà de la remise du Prix comme tel, l’initiative de La Centrale Powerhouse est fondamentale à l’écologie du milieu des arts visuels montréalais.

 

Active depuis plus d’une vingtaine d’années dans le milieu de la performance montréalais, national et international, Victoria Stanton s’investit avec assiduité dans une pratique d’une impressionnante cohérence. Ainsi, en phase avec des notions inhérentes à sa pratique performative, son parcours professionnel révèle tant son profond ancrage local que la portée du regard avec lequel elle s’empare de ce qui est là, tout autour d’elle.

Appliquée dans « l’art de la transaction », cette artiste s’applique à mettre en place des stratégies inédites d’interaction humaine en détournant, une à la fois, des situations autrement familières. Présente sur la scène artistique locale depuis le milieu des années 1990 cette performeuse aguerrie et affable est régulièrement invitée à présenter son travail — en solo ou au sein du collectif TouVA — dans divers pays des Amériques, d’Europe et d’Asie. Dans une approche empruntant à l’esthétique relationnelle, l’artiste se déploie à diverses échelles et sa pratique rayonne. Artiste inspirée et introspective certes, mais aussi chercheuse, commissaire, autrice, musicienne et enseignante — quiconque côtoie l’infatigable Victoria Stanton et prend connaissance de son singulier cheminement, suit le fil d’une démarche éminemment sincère dont l’impact se situe à différentes échelles. Car cette figure incontournable de l’histoire de la performance du Québec pose et cultive un regard attentif et empathique sur ce qui l’entoure. Dans toutes les sphères de son travail, cette Montréalaise rend visible une présence dans le monde et un rapport, un lien sensible au monde. Et une personne à la fois, elle touche un public de plus en plus vaste.

Artists: Helena Martin Franco and Victoria Stanton

 

An existential poutine is also a poutine. It is an encounter of experiences (distinct, singular), of artistic practices and bodies in action. As such Helena and Victoria will prepare a sauce of artistic trajectories in a slow cooker that will become the exhibition space. We will sprinkle our fries and cheese with existential questions around migration, feminisms, the effects of presence and the performative of minute-to-minute. And while it all simmers (from November 9th to December 7th), invited a selection of collaborators to take part in concocting this poutine, a dish that is at once spiritual, platonic, artistic and immaterial.

 

The winners of the 2018 Powerhouse Award were chosen through consensus by members of the jury following animated deliberations on the thirty-four nomination files under consideration. The discussions were guided by a genuine spirit of openness and sharing of diverse perspectives, grounded in the dedication of its members. This openness of process and dialogue needs to be highlighted, thanks to the diversity of perspectives and practices within the jury. Our choice fell on two ambitious artists who, while being active in their community for a long time, contribute decisively to an art form still marginalized by institutions. In this respect, we have not opted for obscure artists, but rather for true fighters of a certain caliber whose commitment to their artistic practice and community is without question and deserves today to be honored. Let us also mention that this process of deliberation has, over the years, allowed us to discover artists with extraordinarily rich practices and expand our knowledge of the work of several others. It is safe to say that our critical reflections in choosing the artists for this award will have an impact on the direction of future programming in contexts other than this one, the La Centrale Powerhouse initiative being fundamental to the ecology of Montreal’s visual arts community.

 

Active for more than twenty years in Montreal as well as in national and international performance circles, Victoria Stanton’s practice is marked by a rich dedication and coherence. In step with the qualities characteristic of her performance practice, her professional journey reveals both her deep local roots and the significance of her observations through which she seizes the world around her.

In the sphere of « art as transaction », Stanton seeks to put in place new strategies of human interaction by diverting, one at a time, situations otherwise familiar. Active in the local art scene since the mid-1990s, this seasoned and affable performer is regularly invited to present her work – either solo or in the collective TouVA – in various countries in the Americas, Europe and Asia. In an approach borrowing from relational aesthetics, the artist’s work unfolds on various scales and her practice creates an impact in the various communities that it touches. An inspired and introspective artist, but also a researcher, curator, author, musician and teacher, Victoria Stanton’s eminently sincere approach has a plural impact that is felt in diverse realms. This essential figure in the history of performance art in Quebec proposes and cultivates a careful and empathic look at the world that surrounds her. In all spheres of her work, this Montrealer makes visible her presence and sensitive connection to her surroundings, exploring this creating of relationship at multiple levels. Through one person at a time, her work reaches an ever-expanding audience.