VERONIKA PAUSOVA @ parisian

Veronika Pausova, Gobble, 2018, huile sur toile, 46 x 38 cm
Veronika Pausova, Gobble, 2018

« Busy Bodies »
9 novembre — 15 décembre | November 9 — December 15
Vernissage 8 novembre 17h | November 8, 5PM
parisianlaundry.com

De loin, à travers les reflets de vitre, les couleurs vives des tableaux de Veronika Pausova vous font de l’œil. Il faut traverser l’espace, passer les paravents — peut-être même passer de l’autre côté du miroir — et s’approcher, s’approcher encore des œuvres pour en déchiffrer les charades visuelles. Des empreintes de pantalon, de col roulé et de slip, flottent dans des espaces abstraits comme s’ils avaient été jetés là précipitamment dans l’urgence du désir, tandis qu’une collection de sacs à main vous tendent leur poignée ou leur fermoir, vous invitant à plonger le regard dans leur trousse. Approchez-vous encore, jusqu’à vous coller le nez au tableau. Çà et là apparaissent des mouches, des yeux de poisson globuleux, des fleurs stylisées aux pétales acérés comme des crocs de prédateurs, une phalange de doigt baladeuse, et encore une autre, ou d’étranges sphères à huit pattes longues et tortueuses, telles des araignées de quelque espèce inconnue. Cela rampe. Cela grimpe le long des manches de pull qui se soulèvent. Cela gruge les pans ondulés d’un rideau rouge. Cela s’entortille et se niche dans les moindres recoins.

— Ji-Yoon Han

Through the glass reflections, the bright colours of Veronika Pausova’s paintings attract the eye from afar. You need to walk across the space, pass the folding screens — perhaps even pass through the mirror — and get closer and then even closer to the works in order to decipher their visual charades. Impressions of pants, a turtleneck, and a slip float in abstract spaces as though they had been hastily tossed there in the urgency of desire, while a collection of handbags reach out to you with their handles or zippers, inviting you to peer inside. Go even closer until your nose almost touches the painting. Here and there you see flies appear, or a fish’s bulging eyes, stylized flowers with sharp petals like predator teeth, a wandering finger, and then another, or strange spheres with eight long twisting legs like those of some unknown species of spiders. One crawls. One climbs along a sweater’s pulled up sleeves. One gnaws at the wavy folds of a red curtain. One twists and nestles in the smallest cranny.

— Ji-Yoon Han, Translation by Oana Avasilichioae