LAURENT LAMARCHE @ art mûr

Laurent Lamarche
Laurent Lamarche, 2018

« Stratification »
3 novembre — 15 décembre | November 3 — December 15
Vernissage 3 novembre 15h | November 3, 3PM

artmur.com

Quand Laurent Lamarche réfléchit sur les origines, il pense en termes de traces. Il regarde à la fois derrière et devant, maille ensemble hier et demain, pour ensuite creuser et approfondir son œuvre poétique. Son esthétique modèle sans cesse de nouveaux objets organiques, des paysages lunaires ou nordiques dont l’aspect fait indéniablement écho à l’esthétique futuriste.

Les œuvres en plexiglas de la série Fossile magnifient le vivant ; elles suggèrent un environnement inspiré des systèmes de croissance naturels par propagation, à moins que ce ne soit des interconnexions neuronales. La configuration rhizomatique qui en émerge fascine non seulement parce qu’elle tisse des rimes formelles, mais aussi parce qu’elle efface les frontières temporelles. Les traces gravées dans le plexiglas sont-elles les témoins d’un temps révolu, incertain ou bien suspendu ?

Comme souvent, les sculptures de Laurent Lamarche résultent d’une tension entre le low tech et le high tech. Et la science-fiction n’est jamais bien loin. Ici, elles sont, entre autres, le fruit d’un assemblage de vaisseaux spatiaux modélisés (Star Wars) que l’artiste a imprimé en 3D. Peu importe que la reconnaissance soit formelle, la composition figurative est significative. Le mode d’impression, quant à lui « imparfait », dévoile un fini à la fois végétal et organique. Disposées sur des tables de « laboratoire », les sculptures semblent être en transformation. À moins qu’elles ne représentent des restes de spécimens provenant d’une fouille archéologique du futur.

La quête du territoire, des origines et les enquêtes sur le vivant se poursuivent dans la série Zone de contact. Les images de cette série ont été créées à partir de la numérisation d’une matrice générée avec une imprimante 3D. Cette matrice provient d’une impression que l’artiste a volontairement arrêtée en cours de processus, à une épaisseur de quelques millimètres. Le résultat ? Une matrice mise en valeur par la numérisation en haute résolution. Dès lors le maillage des fils de nylon évoque la finesse et la complexité du langage cartographique. Tandis que dans Zone de contact, nous observons la carte du corps humain dans un iris robotique étrangement familier, dans Territoire ductile, c’est un vaste territoire imaginaire qui se déploie.

Enfin, par la vidéo Canopée, l’artiste joue avec la tridimensionnalité pour dégager la notion de strate des limites du plan. Il explore la partie supérieure de différents arbres feuillus et résineux grâce à un logiciel de modélisation. Après avoir découpé en couches les tranches successives de la maquette (wire frame), il en propose une animation qui témoigne d’une plongée à travers les strates des végétaux virtuels. Une nouvelle fois, Laurent Lamarche cultive la poésie du territoire, à partir de sa réflexion sur les origines et les traces.

Claire Caland et Émilie Granjon

When Laurent Lamarche reflects on the concept of origin, he thinks in terms of traces. His vision goes at once forward and backward, knitting together yesterday and tomorrow – thus expanding and deepening the poetic tenor of his work. Lamarche’s aesthetic is rooted in the persistence to shape to organic matters and objects, picturing lunar or Nordic landscapes that undeniably echo a futuristic aesthetic.

The plexiglass works from the Fossile series praises life; they suggest an environment inspired by natural propagating systems of growth, or potentially neural interconnexions. The rhizomatic configuration that appears is captivating not only because of its visual rhythm but also because it seems to erase any temporal boundary. Are these traces in the plexiglass witnesses of a time that is past, uncertain or frozen?

More often then not, Laurent Lamarche’s sculptures result from a tension between low tech and high tech. And science fiction is never really far. Here, they are, among other things, the offspring of an assemblage of different modeled space ships (Star Wars) that the artist has 3D printed. Perhaps the formal recognition is not immediate, but the figurative composition remains significant. The flawed/imperfect aspect that results from the printing procedure unveils a finish that is at once organic and vegetal. Exhibited on laboratory-like tables, the sculptures give the impression of undergoing a transformation. Or perhaps we see them as remains of species found during an archeological search from the future.

The territorial conquest, studies on origins and investigations on the living continue in the series Zone de contact. The images from this series were created from the scan of a matrix generated with a 3D printer. This matrix, a few millimeters thick, resulted from an impression that was voluntarily halted halfway through the process. From there, the nylon threads mesh evokes the delicacy and complexity of mapping language. Whereas in Zone de contact we can observe an atlas of the human body from a strangely familiar robot’s eye, in Territoire ductile it is a vast imaginary landscape that unfolds before in front of the viewer.

At last, Lamarche plays with tridimensionality onto a two-dimensional plane in his video Canopée in which the notion of stratum emerges from the limits of the plane. He explores the superior portion of different hardwood and softwood trees with the help of a modelling software. After dividing the model into successive layers (wire frames), he constructs an animated video where the viewer dives into the layers of the virtual plants. Once more, Laurent Lamarche yields territorial poetry from his cogitation on origins and traces.

— Claire Caland et Émilie Granjon, Translation Rosalie Tellier