LOUISE MERCURE @ frontenac

Louise Mercure, Les Irradiées # 13 - sans larmes, 2018, estampe numérique, 559 x 432 cm
Louise Mercure, Les Irradiées # 13 sans larmes, 2018

« Taches et repentirs – Chronique picturale »
25 octobre — 6 janvier | October 25 — January 6
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Les œuvres issues de cette chronique picturale font écho aux représentations symboliques conçues par Louise Mercure pour traduire en langage visuel ses pensées et ses affects. Sorte de journal intime, le parcours auquel elle nous convie témoigne de la façon dont l’identité se redéfinit inlassablement à partir de messages et de signaux venus du corps.

Avec un certain détachement, l’artiste ouvre un pan de son intimité et de ses traumas pour montrer comment la perception de son identité a été altérée par des états d’âme liés à des expériences plus ou moins difficiles, mais aussi par l’observation d’images tirées de résonances magnétiques, de scans ou de radiographies. Or, en explorant ces images pour appréhender sa réalité, Louise Mercure a pris conscience de l’immense potentiel artistique, voire ludique, que recèlent l’imagerie médicale, biologique et anatomique. Il s’ensuit que l’exploration de ce type d’images l’a amenée à produire des univers insolites où, dit-elle, « l’esthétique oscille entre l’évocation de la vulnérabilité humaine et la célébration du pouvoir poétique des formes, des couleurs et de la matière ».

L’exposition comprend des tableaux et des œuvres sur papier regroupés en séries distinctes et dont les titres confirment l’indéfectible intérêt de l’artiste pour la vie organique. Les tableaux des séries Étangs cellulaires, Os et merveilles et Analyses biochimiques recèlent des substances semblables à des virus observés avec une lunette grossissante. Dans les grandes toiles où s’amalgament des combinaisons d’éléments disparates, on distingue parfois une forme humaine aux contours flous, qui, par un effet de contamination ou de mimétisme, prend la forme et la couleur de biologique caractérise aussi les œuvres sur papier représentant des individus atteints l’environnement. Un foisonnement d’éléments de nature de malformations diverses. Composés d’une accumulation d’empreintes, de points, de taches, de quadrillages et de textures, ces visages difformes ont une puissance de séduction qui n’est pas sans rappeler celle des tableaux phytomorphes du peintre Arcimboldo. Les portraits tirés de la série d’estampes numériques, Les Irradiées, présentées sur des fonds noirs qui rendent les couleurs du sujet luminescentes, évoquent d’étranges reines de la nuit, traversées par des étoiles filantes et des aurores boréales. Ainsi, en exaltant l’anomalie, Louise Mercure amène le spectateur dans un monde de sensations et de beauté.

La répétition et l’hétérogénéité des formes et des matériaux caractérisent l’œuvre de Louise Mercure. Certains motifs récurrents reviennent d’année en année dans sa production et semblent indiquer une tendance obsessionnelle à répéter les mêmes formes pour exorciser les sentiments qui y sont associés. Il faut comprendre que ce qui apparait comme une forme de compulsion relève, en fait, de « la nécessité intérieure », toujours renouvelée, de donner une forme extérieure à son vécu pour que le corps se distingue comme lieu de révélation, d’approfondissement et de transformation de soi.

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