JULIAN ROSEFELDT @ mac

Julian Rosefeldt, Manifesto, 2015
Julian Rosefeldt, Manifesto, 2015

« Manifesto »
20 octobre — 20 janvier | October 20 — January 20
macm.org

Commissaire : Lesley Johnstone

 

Dans cette vaste installation vidéo à treize canaux, l’artiste allemand rend hommage à la force éloquente des manifestes artistiques et à leur beauté littéraire. La grande actrice australienne Cate Blanchett prête son talent exceptionnel à ce véritable tour de force qui s’inspire de l’architecture, du cinéma, de la performance et des arts visuels pour donner une forme et une résonance contemporaines à des textes ayant marqué l’histoire de l’art tout au long du 20e siècle. Cette œuvre n’est « rien de moins qu’un Manifeste de manifestes », commente John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef du Musée.

Pour réaliser cette fresque impressionnante, Julian Rosefeldt a puisé dans une cinquantaine de manifestes rédigés par des groupes d’artistes (futuristes, dadaïstes, situationnistes, par exemple) ainsi que dans les réflexions personnelles d’artistes, d’architectes, de chorégraphes et de cinéastes (Kasimir Malevitch, Yvonne Rainer, André Breton, entre autres). Servant de prologue aux montages textuels des douze tableaux suivants, le premier épisode cite le Manifeste du parti communiste (1848) de Marx et Engels, rappelant ainsi les origines révolutionnaires et politiques de cette forme littéraire.

Dans cette œuvre immersive, les canaux diffusent simultanément leurs tableaux d’une durée, chacun, de dix minutes et demie qui mettent tous en scène la polyvalente Cate Blanchett interprétant avec brio des rôles extrêmement diversifiés, allant de la maîtresse d’école au sans-abri, en passant par un courtier sur le parquet de la bourse. Du coup, Rosefeldt nous fait également découvrir la ville qui a servi de cadre aux images : Berlin avec ses lieux d’intérêt architectural et divers intérieurs hétéroclites (laboratoire, bar, salle de classe). Aux renvois historiques des manifestes s’ajoutent un recours magistral par Rosefeldt à diverses techniques de tournage et des clins d’œil à des classiques du cinéma, entre autres La Notte de Michelangelo Antonioni et 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Ce qui ressort de cette œuvre, c’est la pertinence de tous ces appels à l’action. Signés souvent par de jeunes hommes, ces mots pesés et choisis sont empreints aussi bien d’assurance que de fragilité. Ces mots, l’artiste a choisi de les faire dire par une femme qui « révèle à la fois la dimension performative et la valeur politique, […] l’urgence impérieuse de ces déclarations », précise Lesley Johnstone.

Manifesto a été vue dans plus d’une douzaine de villes à travers le monde; Montréal sera son deuxième arrêt en Amérique du Nord, après une présentation au Park Avenue Armory, à New York.

 

Né en 1965 à Munich, Julian Rosefeldt vit et travaille à Berlin. Reconnue à l’échelle internationale pour la richesse visuelle et la chorégraphie méticuleuse de ses images en mouvement qui prennent généralement la forme d’installations complexes à écrans multiples, l’œuvre de Rosefeldt est diffusée partout dans le monde, que ce soit dans des musées ou des festivals de cinéma. Elle a récemment fait l’objet de grandes expositions individuelles à la Nikolaj Kunsthal de Copenhague (2017) et au HOW Art Museum à Shanghai (2017). Les œuvres de l’artiste font partie de nombreuses collections, dont la Collection Burger à Hong Kong, celle de la Neue Nationalgalerie à Berlin, la Collection Saatchi à Londres et celle du Musée d’art moderne de New York. Julian Rosefeldt enseigne à l’Académie des beaux-arts de Munich (médias numériques, cinéma, vidéo).

Curator: Lesley Johnstone

 

This thirteen-channel immersive video installation stands as a tribute to the tradition and literary beauty of artist manifestos. The artwork/event, which lies at the crossroads between film, performance and installation, gives the MAC’s audiences an opportunity to personally experience a work that has created a sensation wherever it has been shown.

Each of the thirteen screens in Manifesto presents the same actor (Cate Blanchett) taking on various roles: schoolteacher, homeless man, factory worker, puppeteer, scientist. All of the monologues spoken — actually, the only words spoken in the piece — are formed out of various artists’ manifestos published over the last 150 years or so. Rosefeldt offers us thirteen collages, drawing on the writings of Futurists, Dadaists, Fluxus artists, Suprematists, Situationists, Dogme 95, and the musings of artists, architects, dancers and filmmakers such as Claes Oldenburg, Yvonne Rainer, Kazimir Malevitch, André Breton, Elaine Sturtevant, Sol LeWitt and Jim Jarmusch. The result is a fascinating installation that reveals both the performative component and the political significance of these declarations.

Manifesto has been mounted in more than a dozen cities around the world; its presentation in Montréal will be only its second in North America, after the Park Avenue Armory in New York.

Manifesto has been co-commissioned by the ACMI — Australian Centre for the Moving Image Melbourne, the Art Gallery of New South Wales Sydney, the Nationalgalerie — Staatliche Museen zu Berlin and the Sprengel Museum Hanover. The work is co-produced by the Burger Collection Hong Kong and the Ruhrtriennale. It was realized thanks to the generous support of the Medienboard Berlin-Brandenburg and in cooperation with Bayerischer Rundfunk.

 

Berlin-based artist Julian Rosefeldt (born in Munich in 1965) is internationally renowned for his visually opulent and meticulously choreographed moving-image artworks, mostly presented as complex multi-screen installations. Inspired by the histories of film, art and popular culture, Rosefeldt uses cinematic tropes to carry viewers into surreal, theatrical realms where the inhabitants are absorbed by the rituals of everyday life. He employs humour and satire to seduce audiences into familiar worlds made strange.

Rosefeldt’s works are shown internationally at museums and film festivals. Recent, extensive solo shows were held at the Nikolaj Kunsthal, Copenhagen (2017) and HOW Art Museum, Shanghai (2017). His celebrated film installation Manifesto, 2015, has been presented worldwide in numerous solo exhibitions, at the École nationale supérieure des beaux-arts, Paris (2017); Park Avenue Armory, New York (2016/2017); Hamburger Bahnhof — Museum für Gegenwart, Berlin (2016); and ACMI – Australian Centre for the Moving Image, Melbourne (2015), among others. Recent group shows include Deutschland 8 — German Art in Beijing, Today Art Museum, Beijing (2017); Wolfsburg Unlimited, Kunstmuseum Wolfsburg (2016); Zeitgeist: The Art of New Berlin, CCBB — Centro Cultural Banco do Brasil, Rio de Janeiro (2016); Moving Time: Video Art at 50.