JAMES BENNING @ dazibao

© James Benning, Two Cabins, 2011. Permission de l'artiste et neugerriemschneider, Berlin
James Benning, Two Cabins, 2011

« Two Cabins »
6 septembre — 3 novembre | September 6 — November 3
dazibao.art

Comme en périphérie du regard puisque souvent ce qui interpelle se situe hors champ, les œuvres d’Ismaïl Bahri, James Benning, Ralitsa Doncheva et Miriam Sampaio réunies ici documentent soigneusement l’occupation d’un lieu qui serait pour des motifs tant politiques que personnels seul témoin, voire légataire, d’évènements passés ou anticipés, figurant un exil souhaité ou imposé, permanent ou passager.

Entre l’été 2007 et 2008, Benning construit la réplique de deux cabines emblématiques : celle d’Henry David Thoreau, un philosophe, naturaliste et poète américain reconnu pour sa position antiségrégationniste et son mode de vie qui inspire encore les adeptes de la simplicité volontaire, et celle de Theodore John Kaczynski (le «Unabomber»), un mathématicien, militant écologiste et néoluddite accusé d’avoir commis 16 attentats sur presque 20 ans, causant plusieurs morts et blessés.

L’œuvre Two Cabins (2011) juxtapose très simplement la vue d’une fenêtre de chacune des deux cabanes et, bien qu’à première vue ce soit la valeur transcendantale de la nature qui semble invoquée, ce sont symboliquement certains principes fondamentaux propres à la culture américaine qui sont incarnés et confrontés par ces images: la portée, le sens et les limites de la liberté individuelle, le rapport entre la démocratie et la désobéissance civile, entre l’évolution technologique et la protection de l’environnement.

— France Choinière

 

James Benning est né en 1942 à Milwaukee dans le Wisconsin (États-Unis). Avant de se consacrer au cinéma, il étudie les mathématiques et devient professeur. À partir de 1971, apparaissent ses premières réalisations cinématographiques qui s’inspirent du cinéma expérimental et du mouvement structuraliste. Il s’installe ensuite à Val Verde (Californie) en 1988, où il enseigne le cinéma à la California Institute of the Arts. Son cours le plus populaire intitulé « Listening and Seeing » résume les fondements de sa pratique artistique: elle consiste à prendre le temps d’observer et écouter avec plus d’acuité ce qui nous entoure. Ce geste de prime abord passif implique pourtant une réelle participation au monde. Son travail a largement été présenté dans le monde entier lors d’expositions ou de festivals de cinéma. Citons le Jeu de Paume à Paris (France), le International Film Festival Rotterdam (IFFR), les Rencontres internationales du documentaire de Montréal ou plus récemment, le Berlin International Film Festival. Il a notamment participé à des expositions collectives au Kunstmuseum Basel en Suisse (2013), au Fridericianum à Kassel (2014) et au Walker Art Center à Minneapolis (2002). Depuis 2011, la galerie berlinoise neugerriemschneider le représente. Tourné uniquement en 16mm, ses films sont aujourd’hui restaurés et conservés au Austrian Film Museum à Vienne.

As if on the periphery of the gaze, because often what commands our attention is located outside the frame, the work of Ismaïl Bahri, James Benning, Ralitsa Doncheva and Miriam Sampaio carefully documents the occupation of a site which, for reasons both personal and political, is the only witness, even the sole legatee, of past or future events, giving form to an exile either desired or imposed, permanent or temporary.

From the summer of 2007 to 2008, James Benning built replicas of two emblematic cabins: that of Henry David Thoreau, an American philosopher, naturalist and poet known for his anti-segregationist views and his way of life, which still inspires those who subscribe to voluntary simplicity; and that of Theodore John Kaczynski (the “Unabomber”), a mathematician, militant environmentalist and neo-luddite accused of sixteen bombings over twenty years causing several deaths and injuries.

Two Cabins (2011) juxtaposes in a quite simple manner the view from a window of each of the two cabins. While at first sight the work appears to invoke the transcendental value of nature, what it symbolically embodies and juxtaposes through these images are certain fundamental principles of American culture: the limits to and scope and meaning of individual freedom; and the connection between democracy and civil disobedience and between technological evolution and the protection of the environment.

— France Choinière

 

James Benning was born in 1942 in Milwaukee, Wisconsin (USA). Before devoting himself to cinema, he studied mathematics and became a schoolteacher. His first films, inspired by experimental cinema and structuralism, appeared in 1971. He settled in Val Verde, California in 1988, where he taught film at the California Institute of the Arts. His most popular course, called “Listening and Seeing”, sums up the basis of his artistic practice: taking the time to observe and to hear more keenly the things around us. This primarily passive gesture nevertheless brings about real participation in the world. James Benning’s work has been widely seen internationally in exhibitions and film festivals, including at the Jeu de Paume in Paris (France), the International Film Festival Rotterdam (IFFR), the Rencontres internationales du documentaire in Montréal and, more recently, the Berlin International Film Festival. His work has been seen in group exhibitions at the Kunstmuseum Basel in Switzerland (2013), at the Fridericianum in Kassel (2014) and at the Walker Art Center in Minneapolis (2002). The Berlin gallery neugerriemschneider has represented and been exhibiting his work since 2011. His films, shot solely in 16mm, have today been restored and preserved at the Austrian Film Museum in Vienna.