FRANÇOIS ESCALMEL @ frontenac

François Escalmel, Le breakfast des champions, 2018, techniques mixtes, 11 x 17 pi
François Escalmel, Le breakfast des champions, 2018

« En route pour la gloire / Bound for Glory »
25 octobre — 6 janvier | October 25 — January 6
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Les préoccupations de François Escalmel sont d’abord métaphysiques. Ses œuvres questionnent les notions d’être, de perception et d’identité. Son art en est un de frontière, de marge et d’instabilité. Dans les images qu’il crée, les modèles esthétiques et narratifs existants sont repris avec savoir-faire, mais dans le seul but de les déstabiliser. Son travail se présente comme une profonde plongée onirique souvent teintée d’humour qui invite au dialogue.

Dans cette exposition, sous la métaphore du voyage et du périple folk, François Escalmel offre un vaste panorama d’œuvres récentes où il réinvente la notion de paysage, mais aussi l’objet peinture. Fruit du travail des six dernières années, trois séries d’œuvres se côtoient et se répondent, tissant des liens dynamiques entre les thèmes parcourus et les pratiques employées.

Dans la série de peintures Sculptures vivantes, il est question de matière qui se défait et se reforme, une affirmation/démonstration de son caractère changeant, impermanent et une interrogation de la dualité entre esprit et matière. La facture oscille habilement entre l’abstraction lyrique et la représentation réaliste. La nature morte s’agite! Une biographie des objets se décline et s’exprime avec fougue. Le personnage lui se calcifie. Une note grave, peut-être mélancolique, flotte sur ces paysages/personnages.

Dans la série de dessins sur toile intitulée Underpopulated, l’artiste fait se rencontrer des personnages de mondes bien différents qui cohabitent et jouent de façon tragi-comique les petites scènes d’un théâtre de l’absurde. Comme des cases de bande dessinée sans les bulles, ces images forment une énigme interprétative. Plusieurs degrés d’iconicité se côtoient et interagissent. Mélange de genres où les hiérarchies sont abolies. On assiste ainsi à une sorte de démocratisation du conte de fées, peut-être une invitation à réévaluer la définition des stéréotypes et des icônes pop. L’existence du décor semble toujours en danger. Quelquefois, dans la blancheur éblouissante, l’espace disparaît complètement. Jeu sur la perception fragmentaire du monde. Incitation à combler les manques de façon active, jeu du visible et de l’invisible.

Si l’artiste a choisi pour cette exposition le thème du voyage, de l’aventure victorieuse c’est peut-être aussi pour marquer l’exploration/réinvention de l’objet peint ou dessiné amorcée dans ses œuvres les plus récentes (la série Not dark yet, 2017-2018). On sent aussi dans ce corpus des réminiscences du monde de l’enfance. Et pour la première fois, François Escalmel sort du cadre rigide du canevas et invite ses images à exister sur ou en compagnie d’objets qui prennent une place plus marquée dans la troisième dimension. Nées d’un désir de repenser l’objet peinture, de lui offrir une matérialité plus active, ces premières expérimentations pluridisciplinaires annoncent de nouvelles avenues.