MJ ROUSSEAU @ castiglione

Marie-Josée Rousseau, Sans titre (Réserve nationale de Paracas, Pérou), 2013, 18 x 27 po., édition de 7
Marie-Josée Rousseau, Sans titre (Réserve nationale de Paracas, Pérou), 2013

« Dé/construction du paysage »
3 octobre — 10 novembre | October 3 — November 10
lacastiglione.ca

Fragment d’une collection captée sur trois continents durant plusieurs années, le corpus proposé par Marie-Josée Rousseau se déploie en une exploration du paysage à la fois dans sa résonance théorique et dans sa qualité matérielle. Dans une esthétique se rapportant au documentaire, un voyage se dessine d’une image à l’autre, à travers des paysages hétéroclites que l’on devine pourtant profondément liés. Grâce à un jeu de correspondances formelles, l’artiste parvient à rassembler en une trajectoire improbable des lieux dont le point commun serait la marque indélébile laissée par l’humain, aussi créatrice que destructrice.

L’exposition se présente comme un dialogue : diptyques et triptyques se répondent tantôt par un horizon partagé, tantôt par la récurrence d’une forme ou par des effets de symétrie. L’artiste explore dans ce projet les manipulations qu’elle peut faire subir à l’image pour la complexifier et révéler son potentiel polysémique. Ce travail de la photographie dans sa plasticité se manifeste également par des tableaux constitués de strates, issues de plusieurs photographies. La juxtaposition et la répétition de motifs rappelant l’industrialisation du paysage créent alors une composition abstraite et en mouvement. Si, par ces jeux qui empruntent au langage pictural, la beauté sublime et la force évocatrice de grands espaces se manifeste au premier plan, le regard est sans cesse ramené à la trace de l’activité humaine façonnant le territoire.

Avec cette série, l’artiste s’intéresse à la relation physique, sociale et politique qui s’établit entre le paysage et l’humain. Ses images évoquent un périple qui retrace l’étonnante capacité de l’homme à modeler le territoire, et ce, même dans les zones les plus arides. Ces actes de transformation deviennent le liant du corpus, magnifiés de manière à donner lieu à des scènes presque irréelles. À travers elles, ce dont l’artiste parle finalement, c’est de l’empreinte humaine dans son étalement sans frontières, aussi prodigieux et inquiétant que cela puisse sembler.

Emmanuelle Choquette

Part of a collection of pictures shot on three continents over several years, the body of work presented by Marie-Josée Rousseau unfolds in an exploration of the landscape for both its theoretical resonance and its material quality. In an aesthetic that relates to the documentary, a journey emerges from one image to another, through a motley assortment of landscapes somehow tied by a deep kinship. Thanks to a play of formal correspondences, the artist manages to string along an improbable trajectory places that only have in common the indelible mark left by humans, both creative and destructive.

The exhibition takes the form of a dialogue: diptychs and triptychs answer each other, be it through a shared horizon or through the recurrence of a shape or of certain symmetries. In this project, the artist explores the manipulations that she wants the picture to undergo to make it more complex and reveal its polysemic potential. This work on photography in its plasticity is also in evidence in pictures made up of layers drawn from several photographs. The juxtaposition and the repetition of motifs recalling the industrialization of the landscape thus generate an abstract composition in motion. If, through such interplay that borrows from pictorial language, sublime beauty and the evocative power of wide-open spaces comes to the forefront, the gaze is always brought back to human activity as it fashions the territory.

With this series, the artist focusses on the physical, social and political relationship that arises between the landscape and the human. Her images suggest a journey that surveys man’s remarkable ability to fashion the land, even in the most arid areas. These acts of transformation become what binds this body of work together, magnified in such a way as to result in scenes that are almost unreal. Through them, what the artist is talking about boils down to the human imprint in its boundless expanse, as tremendous and disturbing as it may appear.

Translated by Christian Roy