JEREMY SHAW @ mbam

Jeremy Shaw, Liminals (arrêts sur image), 2017, installation vidéo HD, 19:43 min. Prêt de la collection Bailey, Canada. Permission Macaulay Fine Arts, Vancouver
Jeremy Shaw, Liminals (arrêts sur image), 2017, installation vidéo HD, 19:43 min. Prêt de la collection Bailey, Canada. Permission Macaulay Fine Arts, Vancouver

« Liminals »
6 septembre — 24 mars | September 6 — March 24
mbam.qc.ca

Œuvre riche, Liminals prend tout d’abord l’apparence d’un documentaire 16 mm en noir et blanc. Bien vite, un narrateur à la voix digne d’un présentateur de la BBC situe l’histoire à trois générations de nous, dans un futur où l’humanité est en voie d’extinction. Le spectateur suit huit personnages qui tentent d’échapper à leur destin en sauvant la race humaine grâce à une extraordinaire combinaison : augmentation des capacités du cerveau au moyen d’ADN cybernétique et réactualisation de rites spirituels révolus.

Ils pensent ainsi pouvoir accéder à un espace situé entre le monde physique et virtuel — The Liminal —, où il est possible de passer à un niveau d’évolution supérieur. Tandis que les personnages prennent part à une série d’actions de plus en plus cathartiques, de la pratique de la kundalini au headbanging¹, les images de la vidéo troquent une esthétique de cinéma-vérité pour une forme oscillant entre le documentaire ritualiste, le vidéo-clip, et le film de science-fiction utopique. Au climax, une transition inattendue survient lorsque le noir et blanc fait place à des images psychédéliques en Technicolor – on assiste alors à la transformation des danseurs, qui passent de l’analogue au numérique en intégrant enfin The Liminal.

L’artiste utilise de nombreuses techniques pour explorer les états de conscience altérés ainsi que les pratiques culturelles et scientifiques aspirant à cartographier l’expérience transcendantale. Croisant et amplifiant souvent les caractéristiques du cinéma-vérité, de l’art conceptuel, du vidéo-clip et de la recherche ésotérique ou scientifique, il crée un espace « post-documentaire » au sein duquel s’entremêlent systèmes de croyances et récits, dans les limbes de l’interprétation.

1. Danse heavy métal caractérisée par un mouvement rythmique de la tête de haut en bas

A rich work, Liminals at first appears to be a black and white 16 mm documentary shot sometime in the 1970s. But we are quickly informed by a BBC-like narrator of a story set three generations from now, when humanity is on the verge of extinction. The video follows eight subjects who are attempting to escape this fate and save humanity through a fantastic combination of Machine DNA brain augmentations and the engagement in long-abandoned spiritual rituals.

Through this behaviour, they believe it will be possible to access a space in between the physical and the virtual — The Liminal — where humans can move towards a higher stage of evolution. As the subjects engage in a series of increasingly cathartic actions, from Kundalini to headbanging, the video evolves from its vérité aesthetic to something caught in between a ritual documentary, music video and utopian science fiction film. At the dramatic climax, an unexpected shift from black and white to psychedelic technicolour occurs, and we witness the dancers transform from analogue to digital, effectively accessing and becoming The Liminal.

Jeremy Shaw works in a variety of media to explore altered states of consciousness and the cultural and scientific practices that aspire to map transcendental experience. Often combining and amplifying strategies of vérité filmmaking, conceptual art, music video and esoteric and scientific research, he creates a post-documentary space in which disparate belief systems and histories are thrown into an interpretive limbo.

In 2016, Shaw won the prestigious Sobey Art Award and, more recently, he was awarded a residency at the Hammer Museum in Los Angeles. He has had solo exhibitions at MoMA PS1, New York, Schinkel Pavillon, Germany, and MOCA, Toronto, Canada. This fall, he is screening his Quantification Trilogy at the Tate Modern in London, UK. Works by Jeremy Shaw are held in public collections worldwide including the Museum of Modern Art, New York, Centre Pompidou, France, and the National Gallery of Canada.