KARINE GIBOULO @ place des arts

Karine Giboulo. Photo Mike Patten
Karine Giboulo. Photo : Mike Patten

« Arnait »
12 septembre — 11 novembre | September 12 — November 11
placedesarts.com

Le 19 septembre 2016, le corps d’une femme est retrouvé sans vie, dans la rivière Rideau à Ottawa. Il s’agit de l’artiste inuite Annie Pootoogook, connue et célébrée au Canada et dans le monde pour ses œuvres graphiques, à la fois colorées et réalistes. Le paradoxe entre sa disparition tragique et sa lumineuse réussite me bouleverse. Comment sa destinée singulière a-t-elle sombré, pour rejoindre celles de centaines de femmes et de filles autochtones, assassinées et disparues au pays ?

Sensible à la cause des Premières Nations, j’avais abordé avec le projet Broken Circle, le douloureux sujet des pensionnats autochtones. Le destin dramatique d’Annie Pootoogook m’a conduit cette fois à la rencontre des arnak — « femmes » en inuktitut.

Dans un même battement de cœur, j’ai ressenti l’effroi de leurs supplices en héritage et leur courage et leur résilience teintés d’une force joyeuse et souveraine. J’ai aussi compris qu’elles sont les vecteurs fragiles et inaliénables des valeurs et des traditions de leur culture.

Au cœur de la Place des Arts, lieu public de rayonnement artistique et de rencontres, Arnak veut mettre en scène l’horizon lumineux de leur vérité et bouleverser le fardeau des préjugés.

— Karine Giboulo

 

La salle d’exposition de la Place des arts est un espace ouvert à tous et à la réflexion citoyenne. Au cœur de sa démarche réside une amitié développée au fil de ses rencontres avec les femmes impliquées dans cette exposition et ayant collaboré, pour certaines d’entre elles, à la création des œuvres présentées. Un hommage aux femmes inuites, à la diversité de leurs paysages intérieurs et extérieurs, à leur solidarité, à leur lumière. Cette exposition s’inscrit dans le cadre du Programme d’accessibilité aux arts de la scène de la Place des Arts.