ANDREA KASTNER @ mcclure

Andrea Kastner, No Home Like Place, 2017, huile sur toile, 36 x 60 po
Andrea Kastner, No Home Like Place, 2017

« Shadow Cities »
5 — 27 octobre | October 5 — 27
Vernissage 4 octobre 18 h | October 4, 6PM
visualartscentre.ca

L’expérience récente d’Andrea comme artiste en résidence au site d’enfouissement de Haliburton l’a amenée à s’asseoir près d’une montagne d’objets refusés depuis des décennies pour peindre le paysage de nos biens non désirés. Elle s’est questionnée à savoir si ces montagnes de débris sont des constructions accidentelles de notre époque, une ville de l’ombre construite tout près de celle qu’on habite. Notre paysage urbain serait construit avec ce que l’on choisit et de là émergerait les sites d’enfouissement, forgé des espaces négatifs de nos désirs. Les œuvres de Kastner mettent volontairement l’emphase sur ces choses que nous choisissons d’ignorer. Cette exposition inclue plusieurs petits formats peints en plein air au site d’enfouissement ainsi des grands formats des autres lieux que l’artiste a documentés au passage de ses nombreux voyages et déménagements familiaux : des déchets compactés congelés à Dawson City au Yukon à une maison flottante à Iowa City ou à la démolition d’un appartement endommagé par une inondation à Binghamton, NY, son lieu de résidence actuel.

Kastner s’intéresse aux fissures et crevasses de notre environnement construit. Ses œuvres donnent à ces espaces négligés cette lueur qui émerge lorsqu’on regarde l’invisible. Elle exagère ces dérapages notamment en utilisant le collage dans la construction de ses peintures, déchirant et trouant sa source matérielle et en utilisant du ruban de peintre pour maintenir la fragile réalité du dépotoir. Tous ces fragments de lieux, ces usines, ces maisons, ces hôtels et ces terres en friche sont réunis dans cette série de peintures, qui se désagrège et surgit dans ce collage de la réalité, construite et déconstruite comme un casse-tête.

La ville est un texte qui est constamment réécrit, laissant évidence de ses révisions dans chaque délicate cicatrice de ciment laissée sur ces murs. Alors que des édifices sont démolis, des façades exposées, des déchets collectés et enfouis, les ébauches et corrections de la ville deviennent visibles. Les tableaux d’Andrea Kastner sont un poème à demi-achevé en hommage à cette ville de l’ombre, ses secrets et ses fantômes retrouvés parmi les éléments négligés qui s’écroulent, les portes à jamais fermées qui rappellent des portails donnant sur des mondes inaccessibles.

The recent experience of Andrea as artist-in-residence at the Haliburton landfill saw her sitting on the side of a hill made of the accumulated decades of refuse, painting the landscape of our unwanted goods. There, she thought of the way these mountains of waste in a landfill site are an accidental construction of our times, a shadow city built beside the one we live in. On one hand is the urban landscape built with the things we chose, and here was the landfill, carved by the negative space of our desires. Kastner’s work focuses intently on the things we choose to look away from. This exhibition includes several small panels painted en plein air at the landfill, as well as large format paintings of other places she has documented in the context of her family’s many moves and travels – from the frozen compacted waste in Dawson City, Yukon, to a floating house in Iowa City, or a demolition of a flood-damaged apartment in Binghamton, NY, her current place of residence.

Kastner is interested in the cracks and crevices of our built environment. Her paintings imbue these neglected spaces with a glow that comes from looking at the unseen. She exaggerates these slippages by using collage in the planning stage of the paintings, adding tears and holes in the source material, and employing lines of painter’s tape to hold together the fragile reality of the dump. All these fragments of places, these factories, homes, hotels, and wastelands, are bound together in this series of paintings, falling apart and rising up in a collaged reality that is built and unbuilt like a puzzle.

The city is a text being written and re-written, with evidence of revisions in every delicate scar traced on a brick wall. As buildings are torn down, façades exposed, and garbage collected and dumped in the landfill, drafts and corrections to the city are made visible. Kastner’s paintings are a half-written poem to the shadow city, the secrets and ghosts in crumbling and neglected objects, doors that are not walked through but rather appear as portals to alternate worlds.