MICHEL DE BROIN @ division

Michel de Broin, Syndrome
Michel de Broin, Syndrome, 2018

« La conduite des conduites »
15 septembre — 3 novembre | September 15 — November 3
galeriedivision.com

De Broin propose un jeu entre le modelage de conduites (les comportements des objets et des corps) et les systèmes de canalisation des affects, des flux et de l’énergie. Utilisant des objets communs — du mobilier, des tuyaux, des brides et des ampoules — l’artiste représente des systèmes techniques et leurs fonctions attendues en introduisant des anomalies. Il met en œuvre des stratégies de déformation, d’éclatement et de trouées qui chacune remodèlent les affects dans des objets esthétiques ambigus, que le regard cherche à dénouer. Les courbes et sinuosités des conduites mettent en tension une dynamique de circulation et des phénomènes de résistance ou de dissipation. Troublant les attentes des systèmes industriels et leur promesse d’efficacité, d’optimisation et d’innovation, les propositions esthétiques de l’artiste imaginent une technique très différente de celle que nous côtoyons dans notre vie quotidienne. Les œuvres ouvrent des béances dans le monde comme autant de failles et d’espaces libérés de cette causalité qui détermine notre relation à la technique.

Syndrome (2018), grand tuyau de métal replié sur lui-même, bouleverse le comportement normal d’un oléoduc. La contorsion du tuyau provoque des gonflements évoquant un organe, comme un lointain rappel des origines organiques du pétrole. Ses courbes sensuelles rappelant la Vénus de Willendorf invitent à l’introspection de notre inconscient technologique.

La série Crépuscule (2018) explore la tension entre ordre et imprévisibilité. La symbolique des lumières associée à la raison se voit ici vaincue, alors que le crépuscule des idées semble succéder à l’illumination. La rigidité formelle de l’alignement ordonné d’ampoules est fracassée par l’inquiétude d’une technique qui travaille à sa propre défaite, à son délabrement. Persiste néanmoins la poésie de la ruine technique.

Quant à Anomalie (2018), l’œuvre se compose d’une série de quatre canalisations de cuivre qui semblent prendre leur source sous terre et qui se tiennent debout tels des êtres vivants. Les Anomalie s’entortillent sur elles-mêmes comme des organes, formant des nœuds tumescents. Cette résistance leur confère une présence ambiguë, celle de l’énergie qui se maintient et se retient, suspendue pour un temps avant de finalement se disperser.

Universal Plug and Play (2018) est inspiré par le protocole réseau du même nom qui permet à des périphériques de se connecter aisément. Ici, la poésie des infrastructures est présentée comme la possibilité concrète donnée aux conduites de formes et d’apparences différentes de se connecter mutuellement.

Enfin, Tube (2018) est une image de synthèse qui présente une conduite confortablement installée dans un fauteuil de bureau de style exécutif. Assis et enroulé sur lui-même, le tube ouvert à ses extrémités brouille la distinction entre l’intérieur et l’extérieur.

Sous les apparences d’objets techniques prennent forme des corps sensibles. Alors que nous attendons qu’ils fonctionnent et produisent, les assemblages imprévisibles excèdent le monde des choses à la recherche de nouvelles configurations sensibles.

De Broin proposes an interplay between the modeling of behaviour (the French conduites meaning ‘conduit’ but also ‘behaviour’ – in this case of objects or bodies) and the channeling of emotional responses, flows and energy. Using common objects – furniture, pipes, flanges, and light bulbs – the artist complicates our understanding of familiar technical systems, deforming, rupturing or boring holes in otherwise recognizable forms and encouraging the viewer to untangle each object’s contradictions. The curves and sinuosities of his conduits pit dynamic circulation against resistance and dissipation. Defying our expectation that industrial systems be efficient, optimized, and innovative, de Broin imagines systems foreign to those we value in our daily lives. The works open gaps in the world, introducing flaws and spaces freed from the causality shaping our relationship with design.

Syndrome (2018), a large metal pipe folded in on itself overthrows the expected use of a pipeline. Evoking the organic origins of petrol, the tube’s contortion creates a tumescence suggestive of an organ. Reminiscent of the Venus of Willendorf, Syndrome’s sensual curves provoke a consideration of our technological subconscious.

The Twilight (2018) series explores the tension between order and unpredictability. Here, the symbolic link between light and reason is shattered, illumination dwindling into a twilight of ideas. The formal rigidity of the light bulbs’ alignment is undermined by a technique bent on its own destruction and disrepair. Ultimately, the poetry of a ruined technology persists.

Anomaly (2018) appears to emerge from underground, its four copper pipes standing erect like living beings. The Anomaly coil into themselves like organs, forming tumescent knots. We feel their ambiguous presence because of their resistance – that of retained energy suspended before its eventual escape.

Universal Plug and Play (2018) is inspired by a network protocol of the same name used to facilitate the connection of peripheral devices. Here, the poetry of infrastructures suggests a compatibility between conduits of different shapes and appearances.

Finally, Tube (2018) is a 3D rendering of a conduit comfortably installed on an executive-style desk chair. Seated, rolled into itself, and open at each of its extremities, the tube skews the distinction between interior and exterior.

Sentient bodies lurk behind these ostensibly technical objects. While we expect them to function and produce, the unpredictable assemblages escape the world of things in search of new and sensitive possibilities.