GROUPE @ stewart hall

Khadija Baker. Photo : Jean-Michael Seminaro
Khadija Baker. Photo : Jean-Michael Seminaro

« Trajectoires »
1 septembre — 14 octobre | September 1 — October 14
pointe-claire.ca/galerie-dart

Khadija Baker, Lysette Yoselevitz et Dorothée Nowak

Commissaires : Catherine Barnabé et Ludmila Steckelberg

 

Trajectoires est une exposition qui regroupe trois artistes montréalaises qui sont nées ailleurs et qui ont vécu un processus d’immigration. Lysette Yoselevitz (Mexique), Khadija Baker (Syrie) et Dorothée Nowak (France-Pologne) ont des pratiques artistiques qui, sans être axées sur les questions de l’immigration, en reflètent certainement l’influence. Ces déplacements vécus d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, sont ancrés dans leurs démarches.

Ce projet d’exposition est né d’un désir de comprendre comment les changements de lieu, de culture et d’entourage affectent les vies, et particulièrement les pratiques artistiques. L’une des deux commissaires, Ludmila Steckelberg, est une artiste d’origine brésilienne ayant immigré à Montréal il y a huit ans. L’autre, Catherine Barnabé, est une commissaire et auteure ayant toujours vécu à Montréal, mais qui s’intéresse aux questions du déplacement et de la géographie.

Plusieurs questions y sont explorées. Comment les ancrages se refont-ils, s’ils se refont? Pourquoi et comment certains éléments du travail artistique perdurent-ils alors que d’autres s’effritent avec le temps et le mouvement? Comment le travail change-t-il ? Est-ce que les préoccupations sont toujours les mêmes suite à un exil ? Comment le pays d’origine se ressent-il dans la pratique artistique ? Et comment le pays d’accueil in fluence-t-il l’œuvre ?

Bien que le sujet de l’immigration soit d’actualité, cette exposition ne tente pas de cerner des enjeux sociaux ou politiques, ou encore de réaliser une étude exhaustive. Il s’agit plutôt de proposer des regards et des discours pluriels sur un même geste. Ce geste, celui de quitter son pays d’origine pour refaire sa vie ailleurs, influencera certainement la création, si ce n’est pas par les sujets abordés, ce sera par un regard renouvelé.

Le choix des trois artistes s’est fait en souhaitant travailler avec des femmes de générations, origines et cultures diverses. En effet, elles ont toutes trois des parcours singuliers et des angles d’approches différents. Si nous pouvons constater que les préoccupations de Khadija sont plutôt sociales et politiques, que Dorothée s’intéresse à la documentation d’une communauté et que Lysette aborde la question de l’intime, nous pouvons également tisser des liens entre leurs propos.

Ainsi, il se dégage une considération pour les récits personnels; ceux des artistes, mais particulièrement ceux qui leur sont racontés par d’autres qui sont passés par des processus semblables, qui ont fait, eux aussi, cette trajectoire.