KANG + LYLE @ projet pangée

Laurie Kang + Katie Lyle
Laurie Kang + Katie Lyle

« Fascia Lines »
30 août — 6 octobre | August 30 — October 6
projetpangee.com

Artistes : Laurie Kang et Katie Lyle

 

« Laurie, Katie

Ces derniers jours nous avons discuté de la manière dont vous travaillez toutes les deux au sol ; cette manière bien à vous d’élaborer des images à l’horizontale, les yeux rivés vers le bas, la colonne doucement recourbée. Katie, je te vois assise avec tes morceaux de canevas et tes jambes presque entièrement étirées à un angle de quatre-vingt-dix degrés, y ajoutant de nouvelles couches de peinture. Laurie, quant à toi peut-être es-tu accroupie, ou encore à genoux, te balançant dans un mouvement d’aller-retour entre tes papiers photographiques, laissant s’écouler et glisser de la chimie de développement en dessinant de grands gestes en arcs. Moi, je suis à califourchon sur le tapis avec mon ordinateur en équilibre sur mes cuisses, et quelques notes et papiers tout juste à côté de mon coude gauche. Mon pied droit s’engourdit peu à peu.

Que reste-t-il dans vos corps après une longue journée à l’atelier? Je sais bien qu’il n’y a ni début ni fin à votre travail comme au mien. Connaissez-vous l’idée de « Small Dance » du chorégraphe Steve Paxton? Cette danse découle d’une dynamique entre l’alignement et le rythme que reproduisent nos corps, même dans ces moments que l’on croirait immobiles. Nous sommes en constant état d’ajustement et d’équilibre ; une microchorégraphie infinie. Alors quand vous travaillez à l’atelier, quand vous pédalez sur votre vélo à travers la ville, quand vous dormez, lisez, mangez, tous ces mouvements ne s’arrêtent pas, mais son en continuité, en conjonction en vous. Ils s’étirent, se plient, se contractent et s’alimentent l’un et l’autre — c’est une danse sans fin.

Laurie, Katie, de quelle manière le sol vous soutient, quelles postures prennent-ils? Quels types d’images se font dans cette proximité, le dos arrondi, l’arc de vos bras et de vos jambes? Je ressens une fluidité dans vos pratiques respectives—elles sont remplies de gestes qui ne sont jamais achevés. Plus de couches seront découpées et travaillées et des nuances feront surface sous la réactivité des chimies et de la lumière. Il y aura de nouveaux systèmes de support qui s’étireront et se plieront, il y aura de nouveaux squelettes pour de nouvelles peaux.

Je me suis levée du sol — ai pris une pause pour me tenir debout dans ma cuisine et pour couper quelques légumes. Maintenant, assise à mon bureau, jambe gauche croisée sur celle de droite, je prends des notes sur le fascia et le toucher. Je ressens une légère raideur au bas de la nuque. Laurie et Katie ; j’ai porté toutes nos conversations dans chacune de mes postures et je sais à présent qu’il y en aura d’autres.

À bientôt, xo »

— Daniella

Artists: Laurie Kang and Katie Lyle

 

« Laurie, Katie

Lately, I’ve been speaking with you both about how you tend to work on the floor. That is, you’re making images horizontally; with your eyes turned downwards and a curve in each of your spines. Katie, I can picture you sitting with pieces of loose canvas, legs extended in what’s almost a ninety-degree angle, adding new layers in paint. Laurie, perhaps you’re crouched or kneeling, treading back and forth around a large piece of photographic paper, spilling and spreading darkroom chemicals in wide arcs. As for me, I’m cross-legged on the carpet, laptop balanced on my thighs, some extra notes and papers near my left elbow. My right foot is falling asleep.

What remains in your bodies after a long day of work in the studio? Of course, there’s no start or end to this — to your work or mine. Do you know this idea of the “small dance,” from the choreographer Steve Paxton? It’s the dynamics of alignment and flow we enact in our bodies, even in moments of so-called perfect stillness. We’re in a constant state of adjustment and balancing; an infinite micro-choreography. So, when you’re working in the studio, when you’re biking around the city, when you’re sleeping, when you’re reading, when you’re eating — these movements aren’t distinct, but continuous, connective. They stretch, bend, and contract, they constitute one another — it’s an ongoing dance.

Laurie, Katie — how do your floors support you, what postures do they prompt? What kinds of images get made in that proximity, that curving-over, that encircling of arms and legs? I feel a sense of ongoingness in your respective practices — they are filled with gestures that are never finished. More layers are to be cut out and worked through, new tones will emerge under reactive chemicals and light. There are new support systems to stretch and fold across; new skeletons for new skins.

I’ve gotten up from the floor — I took a break to stand in my kitchen and chop some vegetables. Now I’m sitting at a desk, left leg crossed over the right. I’m taking notes about fascia and touch; I feel a slight stiffness in the back of my neck. Laurie and Katie: all this time, I’ve been carrying our conversations in each of my postures and I know there’s more to come.

Talk soon, xo »

— Daniella