C. WOLSTENHOLME @ art mûr

Colleen Wolstenholme
Colleen Wolstenholme

« Apropos Obsolescence »
8 septembre — 27 octobre | September 8 — October 27
Vernissage 8 septembre 15h | September 8, 3PM

artmur.com

L’obsolescence est le processus par lequel un sujet devient désuet ou anachronique. L’œuvre Hexagraphy de Colleen Wolstenholme parle de l’obsolescence comme d’un phénomène contemporain, plus précisément de l’obsolescence de l’humain par rapport à la technologie et la nature.

La théorie philosophique appelée Réalisme spéculatif (object-oriented ontologie en anglais), telle que présentée par Timothy Morton, inspire beaucoup l’artiste. Selon celle-ci, l’être humain n’est supérieur à aucune autre entité, vivante ou non vivante. En fait, chaque objet existerait de façon indépendante. La conscience humaine cherche à mettre en relation les entités (vivantes et non vivantes) d’un environnement afin de le saisir. Ainsi, le rapport basée sur la subjectivité de la conscience humaine construit une réalité matérielle qui est propre au sujet, mais qui, en soit, n’a rien de réel. De plus, cette théorie définit le climat, l’internet et d’autres phénomènes naturels et culturels comme des hyperobjets, c’est-à-dire des entités concrètes bien que souvent considérées comme abstraites que l’humain peut difficilement concevoir dans sa totalité et avec précision.

L’œuvre de Colleen Wolstenholme aborde l’obsolescence de l’humain en ce sens qu’il a recourt à la technologie afin de créer un langage qui puisse être compris et analysé et qui permet d’interpréter des hyperobjets (par exemple les phénomènes météorologiques ou l’activité neuronale). L’information ainsi interprétée est simplifiée et perd en exactitude. Ayant thermoformé une feuille de plastique sur une structure de métal constituée d’alvéoles et construite de façon aléatoire, l’artiste créa un écran élémentaire, dont chaque cellule représente un neurone. La pièce clignote selon une séquence prédéterminée, présentant un champ neuronal dans sa plus simple représentation et rendant visible l’interaction entre les neurones. Dans une autre œuvre, Wolstenholme a créé une vidéo à partir de captures d’écran, montrant les variations dans le niveau de dioxyde de carbone au-dessus de l’océan Atlantique. Bien que la technologie permette de représenter et de comprendre l’hyperobjet (cette situation atmosphérique précise), l’œuvre elle-même demeure néanmoins abstraite, représentant simplement un système d’interprétation de données. Le retour à l’expérience sensorielle pour le spectateur s’exprime dans la dissonance cognitive entre une compréhension théorique de ces divers hyperobjets et l’expérience sensorielle de ceux-ci, sans l’interprétation d’une machine. Il se crée alors une relation entre le spectateur, la machine et la nature.

Le processus de fabrication de l’écran est lui-même basé sur l’idée d’obsolescence. La structure de métal sur laquelle est thermoformée le plastique est retirée, rendue inutile après le processus de fabrication. Ces structures rappellent par leur présence dans l’exposition le concept de base de la philosophie orientée vers les objets de Timothy Morton : chaque pièce existe individuellement, mais s’interprète différemment lorsque mise en relation avec un autre objet. Les œuvres permettent au regardeur d’interagir avec les hyperobjets qui, autrement, sont quasi-abstraits. L’obsolescence est le lien entre les objets de l’exposition et le spectateur amplifie cette relation d’objet à objet, d’être humain à technologie et d’être humain à la nature.

Stéphanie Locas

Colleen Wolstenholme’s interest in the brain has flowed from her longstanding practice of making meticulous impressions of pharmaceutical drugs, such as Xanax, Prozac and Adderal, creating larger-than-life plaster pills and minute gold and silver cast beads to be worn as jewelry. Such pills, of course, work by adjusting the function of nerve cells to alter the chemistry of the brain.

In her recent work Hexagraphy, shown at Art Mûr as the culmination of her PhD research at York University, Wolstenholme takes the hippocampus as her subject – the region of the brain that is vital to both short and long-term memory, as well as spatial navigation. The hippocampus is home to place and grid cells, which fire in a hexagonal pattern to create a cognitive map that allows the body to orient itself in space.

Hexagraphy is composed of a topography of welded steel hexagons, upon which Wolstenholme has melted a white polystyrene sheet. The hardened plastic is then removed to create two separately installed sculptures the now-redundant supporting grid and the crumpled screen, backlit with small blue and green LED lights on the gallery floor. The screen appears wet, warped and fleshy, perhaps like surface of the brain, and the lights flicker in a pattern that evokes the hexagonal neural field of the hippocampus. Yet the work also opens itself up to a variety of other visual affiliations: infrared projections of weather patterns on a landscape, an electrified reflecting pool, a magic carpet.

The exhibition title Apropos Obsolescence refers to Wolstenholme’s approach to technology: the pixels that comprise Hexagraphy support a ratio of approximately 35 pixels per square foot a resolution that stands in hyperbolic contrast to the compulsion towards ever-finer imaging technology.

An affection for the mathematical constancy of the grid is palpable throughout Wolstenholme’s practice. She has described the pleasurable, calming effect of drawing elaborate hexagonal patterns. But there is equally a sense that she tests the limits of strict Euclidian geometry, infusing elements of randomness, as well as references to bodily phenomena, into her process. Wolstenholme builds her grids according to a set of pre-determined rules, cutting steel rods of relatively, but not precisely, the same size and then welding them back together in a hexagonal pattern. These variances are what produce the rough-hewn, rippling quality of Wolstenholme’s geometric matrixes. Her labour therefore becomes an act of performative automatism and the mistakes are built into the method.

This element of contingency is crucial for Wolstenholme. The technique of welding, managing electrical force to alter such inflexible material, is physically demanding and there is an element of the absurd in undertaking this labour of cutting through steel rods only to reassemble them again. The sculpture is thus a residue of this method, which encompasses both structure and flow, the precision of practice and contingent outcome.

Alex Borkowski