JESSICA EATON @ a. ertaskiran

Jessica Eaton, cfaal 1104 (détail), 2018, impression au jet d'encre, 152.5 x 122 cm
Jessica Eaton, cfaal 1104 (détail), 2018

« Iterations (I) »
30 août — 6 octobre | Aug 30 — October 6
galerieantoineertaskiran.com

Itération :
action de répéter, de faire de nouveau ; fait d’être répété.
a : un processus par lequel la répétition d’une séquence d’opération donne des résultats successivement plus près du résultat désiré.

Iterations (I), la première d’une série de trois expositions solo à venir, présente une sélection des œuvres les plus denses jamais produites par l’artiste. Développées durant deux années d’intenses expérimentations en studio, ces pièces ambitieuses affinent les précédentes explorations de Eaton sur les systèmes de couleurs additifs, poussant sa pratique et le médium photographique dans de nouveaux territoires. Ces images mettent de l’avant une proposition perceptuelle éloquente subvertissant la présomption que la caméra documente le monde visible.

Enregistrant une séquence de manœuvres physiques à l’atelier, chaque photographie est composée aveuglément ‘in camera’ grâce à une équation mathématique guidant une douzaine d’expositions sur une pellicule de film 4 x 5. Entre chaque exposition, des objets géométriques tridimensionnels peints dans des teintes monochromatiques de gris sont physiquement ajoutés, enlevés, substitués et finalement progressivement retirés du champ de la caméra. Des variations de couleurs nuancées sont obtenues grâce à des filtres RVB utilisés selon des équations de couleurs complexes conçues par Eaton. Les photographies manifestent un langage scientifique codifié pour la création de couleurs.

Un rythme régulier et articulé est palpable dans chacune des images : le clic de l’obturateur circonscrit chaque plan, la réverbération d’une trace, la ségrégation d’un objet dans l’espace et le temps : des portails s’élargissant et se contractant infiniment. Ce rythme est aussi ressenti à travers l’exposition dans une succession d’interrogations perceptuelles délivrées en séries de variations. Il trace aussi le principe sous-jacent à la pratique d’atelier de Eaton : des expérimentations itératives encadrées par un processus physiquement laborieux et techniquement innovateur qui condense en une forme visuelle singulière une séquence d’objets individuellement capturés à un moment unique. Ce faisant, Eaton nous invite à questionner la stabilité de notre interaction visuelle avec ces images et le monde.

Iteration:
the action or a process of iterating or repeating: such as.
a: a procedure in which repetition of a sequence of operations yields results successively closer to a desired result.

Iterations (I), the first of three forthcoming solo exhibitions by Jessica Eaton, presents a selection of the artist’s densest body of work to date. Developed over two years of intensive studio experimentation, these ambitious works refine Eaton’s earlier explorations of additive colour systems, pushing her practice and the photographic medium into new territory. These images foreground an eloquent perceptual proposition – subverting the expectation that the camera document the visible world.

Recording a sequence of physical manoeuvres in the studio, each photograph is composed blindly ‘in camera’ through dozens of exposures onto a single sheet of 4 x 5 film guided by a mathematical equation. In between exposures, three-dimensional geometric objects painted in monochromatic shades of gray are physically introduced, removed, substituted, and finally pulled away from the camera in increments. Nuanced variations of colour are achieved via RGB filters used in accordance with complex colour equations Eaton has uniquely devised. The resulting photographs manifest a scientifically codified language for colour creation.

A steady and articulated rhythm is palpable in each photograph: the click of the shutter delineating one plane from the next, the reverberation of a trace, the segregation of an object in time and space: infinitely expanding and contracting portals. This rhythm also runs throughout the exhibition in a succession of perceptual inquiries output in serial variations. It also charts the undercurrent of Eaton’s studio practice: iterative experiments framed within a physically laborious and technically innovative process that condenses a sequence of separate objects captured at unique moments in time into a singular visual form. In doing this, Eaton invites us to question the stability of how we visually interface with both these images and the world.