CINDY PHENIX @ h. charbonneau

Cindy Phenix, The Light Does Not Increase (détail), 2018
Cindy Phenix, The Light Does Not Increase (détail), 2018

« Ces femmes tiennent une fleur à la main »
29 août — 13 oct | Aug 29 — Oct 13
huguescharbonneau.com

L’artiste propose un nouveau corpus de tableaux, fruit d’un mois en résidence à la galerie, où Phenix a installé son atelier et mis en branle des groupes de participation / discussion dont elle s’est inspirée.

Avec Ces femmes tiennent une fleur à la main, Phenix élabore un lexique du bonheur, attentive à la complexité de ses lieux et des attitudes qu’il engendre. Plages, boulevards, balcons ou cabaret, les espaces où il se déploie sont à la fois publics et privés : là où la multitude forme une foule, mille îlots d’intimité émergent. S’y épanouissent volupté, contemplation et amitiés, mais aussi voyeurisme, vanité et envie. Fidèle à son esthétique d’une forte intensité, Phenix alterne tableaux solitaires et scènes chorales pour mettre en mouvements une ode à la joie sans compromis.

L’œuvre de Cindy Phenix aborde la relation entre les sphères publiques et privées. Elle explore les différentes normes qui les régissent, la dynamique de leur coexistence, les relations de pouvoir dont elles sont l’arène et les sentiments qui en dérivent. À cet effet, l’artiste crée des scènes complexes dont se dégagent de puissants mouvements narratifs et affectifs.

Phenix puise son inspiration de groupes de participation/discussion qu’elle organise et qu’elle dirige. Ceux-ci visent à une prise de conscience de l’expérience féminine par la réalisation de projets collaboratifs ainsi que la découverte d’expériences communes. Pour commencer, les femmes sont amenées à interagir avec des œuvres d’art, à prendre part à des jeux, à situer leurs corps à l’intérieur d’installations créées par l’artiste. Elles sont ensuite invitées à partager anecdotes et réflexions dans le cadre de discussions dirigées par Phenix. Les performances corporelles et les récits ainsi recueillis deviennent un lieu d’analyse fécond pour l’artiste qui les réinterprète au sein de ses compositions.

Il se dégage des toiles de Cindy Phenix une tension formelle palpable. Certaines surfaces sont le lieu d’empâtements gestuels et abstraits, tandis que d’autres, laissées intactes, révèlent le potentiel brut de la toile. Des aplats se juxtaposent aux lignes du dessin et nous entrainent dans des espaces paradoxaux. De nombreux personnages, aux teints et corps transformés, y interagissent. De ces mises en scène ambitieuses et ambigües, le large éventail de techniques que Phenix met en œuvre fait surgir une éclatante charge émotionnelle.

The artist is presenting a new series of paintings that are the fruit of a month-long residence at the gallery where Phenix set up her studio and initiated participation/discussion groups from which she drew inspiration.

With Ces femmes tiennent une fleur à la main, Phenix has developed a lexicon of happiness that pays heed to the complexity of the places it flourishes in and the attitudes it gives rise to. Beaches, boulevards, balconies or cabarets, these spaces where it unfolds are both public and private: there where the multitude becomes a crowd, thousands of isles of intimacy emerge. Voluptuousness, contemplation and friendship blossom there, but also along with voyeurism, vanity and envy. True to her forceful and intense aesthetic, Phenix alternates between solitary depictions and choral scenes to give life to an ode to boundless joy.

Cindy Phenix’s work focuses on the relationship between the public and private spheres. She explores the various norms that govern them, the dynamic of their coexistence, the power relations they are the site of and the emotions they trigger. To this end, the artist creates complex scenes that convey powerful narrative and affective movements.

Phenix draws her inspiration from participation/discussion groups that she organizes and leads. Through collaborative projects and shared experiences, these groups aim to raise awareness of feminine experience. At first, the women are led to interact with artworks, to take part in games and to position their bodies in installations created by the artist. They are then invited to share anecdotes and reflections as part of the discussions that Phenix guides. The bodily performances and stories shared in the process serve as fertile analysis ground for the artist who reinterprets them in her compositions.

Cindy Phenix’s paintings generate a palpable formal tension. Some surfaces are made up of gestural and abstract impastos, while others — left untouched — reveal the raw potential of the canvass. Painted zones are juxtaposed with drawn lines and take us into paradoxical spaces. Many characters, depicted in transformed complexions and bodies, interact here. The ambitious and ambiguous displays and the broad spectrum of techniques that Phenix puts to the task give rise to a dazzling emotional charge.