JEAN-MICHEL OTHONIEL @ mbam

MBAM

« Émotion »
20 juin — 11 novembre | June 20 — November 11
macm.org

Les éléments et les formes de la nature sont depuis toujours une source d’inspiration pour Othoniel. Or, les sculptures et peintures ici sélectionnées s’éloignent du merveilleux et témoignent du souci écologique qui préoccupe actuellement l’artiste, teintant les œuvres d’un sentiment plus sombre.
 
Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, explique : « J’ai souhaité inviter à nouveau Jean-Michel au Musée en voyant sa dernière production lors d’une récente visite de son atelier à Paris, impressionnée par la force graphique de ses tornades et de ses vagues… comme un hommage respectueux à la puissante Nature et à la violence des éléments avec ces sculptures en équilibre précaire. »
 
C’est en 2011 au Japon qu’Othoniel fait l’expérience du séisme de Fukushima et du tsunami qui s’en suivit. Intense, émouvant, ce moment a inconsciemment marqué le travail subséquent de l’artiste. Il use alors de matériaux, telles l’obsidienne, une forme de verre volcanique, la fonte d’aluminium anodisé noire et la peinture à l’encre sur feuille d’or blanc, pour traduire sa sensibilité aux réalités du monde naturel. « Je m’éloigne d’œuvres à l’apparence ludique, colorée et baroque pour me diriger vers des sujets plus sombres, une approche encore plus radicale, minimale, tellurique. Si mes œuvres peuvent parfois évoquer le conte, elles en dévoilent aujourd’hui la face sombre », précise l’artiste Jean-Michel Othoniel.
 
Ses Tornades monumentales en aluminium chromé ou en acier inoxydable poli miroir, dont quatre seront accrochées comme des mobiles suspendus dans Carré d’art contemporain, entourent le corps de ceux qui s’en approchent. Elles évoquent, par leurs mouvements torsadés et leurs tailles imposantes, la violence des éléments. Les surfaces réfléchissantes qui caractérisent la plupart de ces œuvres engagent l’architecture, l’environnement et le spectateur. En l’approchant, notre reflet s’y diffracte à l’infini. Ces miroirs gigantesques reflètent ainsi les peurs et désirs du public, engageant un dialogue intime avec le regardeur.
 
L’artiste pousse le principe encore plus loin pour l’exposition à Montréal : afin qu’elles ne cessent jamais leur course, les Tornadesont été mécanisées avec la collaboration d’ingénieurs. Othoniel intègre ainsi une quatrième dimension à ses sculptures : le mouvement. Ses Tornades suspendues tournent dans l’air et au passage du public. Ce ne sont plus les tornades qui soufflent l’humain, mais bien les personnes qui l’entourent qui lui donnent du mouvement au passage.