ALEXIA LAFERTÉ-COUTU @ uqam

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« Leurs ombres centenaires »
16 mai — 16 juin | May 16 — June 16
Présentation d’artiste 12 juin 12h45 | June 12, 12:45PM
galerie.uqam.ca

Les sculptures aux formes énigmatiques d’Alexia Laferté-Coutu sont issues d’un processus d’addition et de soustraction de matière à même la surface d’architectures historiques. Les masses ainsi formées ont été cristallisées. Elles portent tantôt le sceau du bâtiment et celui du geste de pression effectué, tantôt celui des coulées du verre ou de la dentelle du moule. Ces caractéristiques nous renvoient à la fluidité que la matière adoptât jadis, et pourrait adopter à nouveau. Par cette idée de réversibilité de la matière et de ses formes, la technique du moulage est associée à une manière de voir le monde en mouvement, tout en imaginant son potentiel de transformation comme étant sculptural en soi.

Le procédé renvoie à celui du cataplasme, thérapeutique ancienne qui consiste à appliquer sur une partie du corps un mélange d’argile et de plantes ayant la propriété d’absorber les toxines en activant la circulation sanguine. Le cataplasme, proche de la technique du moulage, devient ici un procédé d’enregistrement sensible et tangible par lequel sont transférées des énergies capables de traverser la pierre, l’argile, le verre. Les sculptures apparaissent ainsi comme des ponts par lesquels s’articulent les relations/rapports intangibles entre la substance fluide et la forme cristallisée, le geste et l’architecture, l’histoire et l’objet sculptural.

Dans la mesure où le morcèlement d’éléments multiplie leurs manières d’apparaitre au monde, la sculpture se présente ici comme un acte de fragmentation du réel offrant des potentialités associatives et l’amorce d’un mouvement vers l’extérieur. Cela tend vers l’instauration de rapports fluides et pluriels à l’architecture et à l’histoire, entités dont les structures sont a priori rigides ou linéaires.  

The enigmatic forms of Alexia Laferté-Coutu’s sculptures are rooted in a process of material addition and subtraction from the surfaces of historic architectural structures. Moulded shapes harden, carrying within them the mark of liquid glass and the mould’s lacework, or that of the architecture’s forms and the gesture of moulding itself. These characteristics remind us of the base material’s former liquid state, a state that it may indeed someday reclaim. Evoking as they do the reversibility of matter and its forms, casting techniques are associated with a way viewing the world that is always shifting, a way of imagining its transformative potential as being sculptural in and of itself.

Casting is much like the poultice, that medical technique of yore where one would apply a mixture of clay and plant matter to an affected area of the body, to absorb toxins and stimulate blood flow. The poultice — casting’s cousin — here becomes a sensory and tangible mode of recording by which energy capable of penetrating stone, clay and glass is stored and transferred. The resulting sculptures act as bridges for the movement of an imperceptible relationship between fluid and hardened substance, between gesture and architecture, between history and the sculptural object.

As the fragmentation of elements multiplies ways of being born into the visible, so sculpture presents itself here as an act of fragmentation of reality, an act that opens up new associative possibilities and initiates outward movement. A fluid and pluralistic relationship is thus created, a relationship to architecture and history — structures that are perhaps not as rigid and linear as they seem.