OLIVIA BOUDREAU @ de gaspé

DE_GASPÉ
Le retrait, 2018

« Le retrait »
30 mai — 9 juin | May 30 — June 9
5445 de Gaspé, espace 603

Mercredi 30 mai : 12 h — 17 h
Jeudi 31 mai : 12 h — 19 h
Vendredi 1 juin : 12 h — 17 h
Samedi 2 juin : 12 h — 17 h
Mercredi 6 juin : 12 h — 17 h
Jeudi 7 juin : 12 h — 19 h
Vendredi 8 juin : 12 h — 17 h
Samedi 9 juin : 12 h — 17 h

 

Le retrait est une installation vidéo sonore récente de l’artiste Olivia Boudreau.

Une jeune femme assise dans la quasi-obscurité au milieu d’un grand espace indéterminé joue l’Erbarme Dich de Bach. Œuvre pour la voix, elle est interprétée dans une version pour hautbois. L’interprète joue la pièce et s’arrête quelques instants comme interrompue pour bientôt reprendre du début et ainsi de suite sur une cinquantaine de minutes.

On retrouve dans Le retrait le plan fixe qui a caractérisé les performances et les performances vidéos d’Olivia Boudreau dès 2004 et durant une dizaine d’années. En 2012, La brèche (2012) puis Femme allongée (2014) introduisent le montage et la narration que l’artiste explore dans ses œuvres subséquentes Il faut tomber (2016) et La chute (2017) auxquels vient se joindre la parole. Dans cette composition qui s’impose d’un seul bloc, Boudreau renoue avec le travail dans la durée exigeant du spectateur un regard et une écoute soutenus. La mise à l’épreuve est partagée par la performeuse dans son acte et geste répété de recommencement. Chaque tentative, légèrement plus courte que la précédente (quelques notes sont omises chaque fois) s’accumule dans une économie qui évolue dans la soustraction et tend vers le dépouillement.

Le retrait nous invite à scruter l’image, car nous devons travailler à bien distinguer l’identité précise de la musicienne, voire du lieu, qui nous échappe dans la semi-obscurité. La vidéo nous habite simultanément d’émotion par la langueur des notes jouées et rejouées. L’affect et la construction (ou sa déconstruction) du visible sont inextricablement liés et dans le temps long de la vidéo, son épaisseur transpercée d’arrêts abrupts, des brèches s’ouvrent à travers lesquelles la subjectivité et ses variations peuvent s’exercer.

L’Erbarme Dich est une lamentation chantée et mise en musique empreinte de l’échec d’une absence de foi et de la profonde douleur qui l’accompagne. Il s’agit du reniement de l’apôtre Pierre qui refuse à trois reprises de reconnaitre son lien avec Jésus. Cette aria fait partie de La Passion selon Saint-Matthieu de Jean-Sébastien Bach.

Wednesday, May 30: 12 — 5PM
Thursday, May 31: 12 — 7PM
Friday, June 1: 12 — 5PM
Saturday, June 2: 12 — 5PM
Wednesday, June 6: 12 — 5PM
Thursday, June 7: 12 — 7PM
Friday, June 8: 12 — 5PM
Saturday, June 9: 12 — 5PM

 

Le retrait is a recent video installation with sound by the artist Olivia Boudreau.

A young woman sitting in near-darkness in the middle of a large, undefined space plays J.S. Bach’s Erbarme Dich. Originally composed for voice, the piece is adapted here for oboe. During her performance, the musician periodically stops playing, as if interrupted, only to start again from the beginning. This process goes on for approximately fifty minutes.

Le retrait uses the static shot that characterized Olivia Boudreau’s video-based performance work over a ten-year period, beginning in 2004. La brèche (2012) and Femme allongée (2014) mark the introduction of editing and narrative into her work, that Boudreau continued to explore in her subsequent projects Il faut tomber (2016) and La chute (2017), where she integrated the use of dialogue as well. In this new composition, consisting of a single, unedited shot, Boudreau reconnects with a durational approach requiring sustained visual and auditory attention on the part of the viewer. The performer shares this demanding mode of engagement as she repeatedly stops and starts again. Successive attempts to play the piece, each slightly shorter than the one before (a few notes are dropped each time), accumulate in a substractive economy that evolves towards spareness.

The image in Le retrait is probed in an effort to identify performer and space that remain remote and anonymous in the semiobscurity. Simultaneously, the sorrowful notes played over and over again by the oboe imbues us with emotion. Affect and the construction (or deconstruction) of the visible are inextricably linked. In the video’s extended time, its density breached by abrupt suspensions, openings are formed through which subjectivity in all its variations can insinuate itself.

The Erbarme Dich is a lamentation for solo voice marked by the failure in a lapse of faith, and the sorrow that it incurs. The aria, taken from Johann Sebastian Bach’s Saint Matthew Passion, draws its inspiration from the biblical account of the apostle Peter’s Denial, where Jesus’s closest disciple thrice disowns him.