RAFAEL SOTTOLICHIO @ lacerte

LACERTE
Intérieurs no. 12, 2018

 

« Wapizagonke, The imaginary territory of the immigrant »
9 mai — 9 juin | May 9 — June 9
galerielacerte.com

Les tableaux de l’exposition Wapizagonke sont issus d’une réflexion sur le paysage et sur le territoire. Reprenant des thèmes visuels déjà présents dans son travail, cette nouvelle série de peintures se veut une réponse personnelle aux questionnements provoqués par la crise des migrants, ailleurs comme près de lui. Étant issu de l’immigration, le peintre essaie de représenter le regard de l’immigrant devant un territoire à traverser, à découvrir. Ce territoire, prometteur au-delà des risques, est avant tout un espace imaginaire, une construction. C’est une visite du lac Wapizagonke, au nord-est de Montréal, qui a déclenché il y a plusieurs années un questionnement sur son appartenance au territoire. 

« Le camping en famille au lac Wapizagonke, dans la Mauricie, fut ma première rencontre avec le relief du paysage québécois. Cet endroit fait partie de notre petite histoire et nous y avons séjourné souvent. Depuis, j’y étais retourné quelques fois avec des amis. Cette fois, j’y revenais en famille, avec des enfants. Nos enfants, la troisième génération à fouler ces lieux, découvrait à travers moi une vision personnelle de cet endroit. Le lac Wapizagonke est un lac long et effilé, avec des plages de sable accessibles uniquement en canot et des falaises abruptes sur la rive orientale. J’y ai ressenti un étrange attachement. Étrange, car j’y étais lié trop fortement : issu de l’immigration, j’ai adopté la culture québécoise, j’œuvre dans un médium, la peinture, aux influences cosmopolites et je me retrouve sur un lac au nom amérindien. Malgré ces trajectoires culturelles différentes, j’étais arrivé à m’identifier d’une manière nouvelle à un lieu, j’avais imaginé un territoire ».

Wapizagonke réunit des tableaux réalisés entre 2016 et 2018. 

L’exposition sera accompagnée dans la petite salle de certaines œuvres de la série Personae, peintes entre 2014 et 2018. Ces portraits en gris et blanc sont issus d’une réflexion sur l’idée du masque et de l’identité. Ces images aux corps tendus et aux visages dissimulés s’inspirent de la notion d’Éternel retour du philosophe Nietzsche, interprété comme un défi d’invention de soi.

The works presented in the exhibition Wapizagonke are the result of a meditation about territory and landscape. Retaking visual themes already presented in his work, this new group of paintings is a personal response to the questionings provoked by the migrant crisis, elsewhere and near him. Being himself an immigrant, he tries to represent the foreigner point of view confronted to this new territory to cover, to discover. This territory, promising despite the risks, is above all an imaginary space, a construction. A visit to the Wapizagonke lake, at the north-east of Montreal many years ago, provoked this questioning about his sense of belonging to a territory.

“A family camping experience at the Wapizagonke lake, at Mauricie, was my first encounter with the Quebecer landscape. That place is part of our history as we went to stay there many times. I have also returned sometimes with friends. This time we got back with family, with our children. This third generation to walk over this land discovered through me a personal vision of the place. The Wapizagonke lake is a long, narrow lake, with abrupt cliffs at the oriental shore and beaches that can only be reached by canoe. I felt a strange attachment to it. Strange, because I was too strongly connected to it: as an immigrant, I adopted the Quebecker culture. I work with a medium — painting — with cosmopolitan influences and there I found myself on the shores of a lake with an Amerindian name. Despite this different cultural trajectories, I identified myself in this new way to a place, I had imagined a territory”.

Wapizagonke rejoins paintings produced between 2016 and 2018.

In the gray room, the artist presents the series Personae, accomplished between 2014 and 2018. This portraits in gray and white were born from a reflexion about identity and the idea of the mask. This images of tense bodies and concealed faces were inspired by the notion of the Eternal return, from the philosopher Nietzsche, interpreted as a challenge of self-invention.