J. HURTUBISE @ simon blais

BLAIS_SIMON

« Jacques Hurtubise : 1963-1972, une décennie haute en couleurs »
23 mai — 30 juin | May 23 — June 30
galeriesimonblais.com

Se plonger dans l’univers de Jacques Hurtubise (1939-2014), c’est accepter de se plonger dans la couleur exubérante. L’exposition 1963-1972, une décennie haute en couleurs réunit une douzaine d’œuvres sur toile et sur papier créées au cours d’une dizaine d’années. Ce corpus est amorcé dans les années 1960, décennie sans doute la plus effervescente du Québec contemporain. Caractérisée à la fois par les grandes réformes de la Révolution tranquille et la montée de l’indépendantisme, cette époque se traduit chez Hurtubisepar un travail plus géométrique qui s’éloigne de l’influence automatiste. Abstraction géométrique, Op art et mouvement plasticien forment les influences majeures de l’artiste dans ces années « post new-yorkaise ».Hurtubise parlera de son travail comme d’une peinture géométrique et construite, certes, mais où l’instinct n’est jamais bien loin. Il précisera : « [C]e que je fais est cérébral. Même la tache finale qui se présente comme une sorte de suspense est voulue. Le hasard, somme toute, compte pour peu… » (Quatre décennies image par image, MBAM, 1998, p. 29).

Ses toiles contrastées traduisent une indéniable fougue ; minutieusement peaufinées, elles nous donnent une fausse impression de spontanéité. Toutefois, les phénomènes optiques sont quant à eux bien réels. Ceux-ci ne sont pas l’aboutissement de cette recherche, mais ils interpellent le regardeur de façon indéniable et physique. Nul ne peut rester indifférent devant ces œuvres.

Immersing oneself in the world of Jacques Hurtubise (1939–2014) is to embrace immersing oneself in exuberant colour. The exhibition 1963-1972, une décennie haute en couleurs brings together a dozen works on canvas and paper created over some ten years. This body of work was begun in the 1960s, undoubtedly the most dynamic decade in contemporary Québec history. Characterized by both the major reforms of the Quiet Revolution and the rise of the independence movement, the times saw their reflection in Hurtubise’s work through a more geometric manner that distanced itself from the influence of the Automatistes. Geometric abstraction, Op art and the Plasticien movement were the artist’s main sources of inspiration during those “post-New York” years. Hurtubise certainly spoke of his painting as being geometric and constructed, although one in which instinct was always close at hand. He explained: “[W]hat I do is cerebral. Even the final blot that presents itself as a sort of suspense is on purpose. Chance, all in all, counts for little . . .” (Four Decades, Image After Image, The Montreal Museum of Fine Arts, 1998, p. 29).

His canvases, with their chromatic contrasts, convey an undeniable verve; meticulously worked out and executed, they impart a false impression of spontaneity. Nevertheless, the optical phenomena in them are quite real. While they were not the culmination of his explorations, they engage viewers in an indisputably physical way. In fact, when in front of these works, no one can remain unmoved by them.