LAURENCE PILON @ mcclure

PILON_LAURENCE

« It Once Was a Garden »
4 — 26 mai | May 4 — 26
Vernissage 3 mai 18h | May 3, 6PM
visualartscentre.ca

Les tableaux de Laurence Pilon nous offrent le plaisir d’être surpris par ce que nous voyons. Dans un monde dominé par le visuel, où l’on confond souvent ce que l’on voit avec ce que l’on connait, la générosité des œuvres de Pilon ne peut être tenue pour acquise. Pilon nous refuse ce faux sentiment de maîtrise. Ses peintures — incrustées, abîmées, veloutées, patinées — relèvent davantage de l’ordre de l’inconnaissable. Les traces du temps et du labeur sont assombries par le processus d’accumulation. Les couches de pigments se fossilisent, révélant une surface aux tons atténués de bleus, de mauves, de roses et de bruns qui s’apparente à une coquille d’huître avant d’être polie, une opale brumeuse, ou une argenterie terne: des objets marqués par le temps.

Les tableaux de Pilon existent dans un état d’ambiguïté. Cette résistance à la catégorisation fait que les œuvres de Pilon sont particulièrement difficiles à décrire; elles semblent se poser aux limites de la signification. Mais ce sont des objets compatissants, favorables à notre envie de découvrir et d’enfouir des souvenirs parmi les inflexions subtiles de coloris et de touches. Des ombres de paysages et de figures se terrent au travers des couches d’abstraction, donnant forme à la manière dont le souvenir évoque des images à la fois nettes et troubles, tout en éveillant notre propre mémoire.

It Once Was A Garden suggère une utopie perdue. Pilon crée une atmosphère inspirée des façades urbaines, des débuts de la peinture moderniste et des fresques. Cette attention à l’historicité (la spécificité de son temps et de son lieu) de la couleur confère aux œuvres un effet de longue durée, une matérialité accumulée et modelée par l’expérience collective. Les peintures de Pilon saisissent la densité du temps. Alors que nous les observons, leur sens s’alourdit.

— Sara Nicole England

Laurence Pilon’s paintings afford us the pleasure that comes with being surprised by what we see. In our visually-dominated world, where seeing is often mistaken for knowing, Pilon’s artworks are generous gifts not to be taken for granted. Pilon denies us this false sense of mastery; her paintings — encrusted, bruised, velvety, patinated —instead declare themselves unknowable. Traces of time and labour are obscured by the process of accumulation. The layers of pigments fossilize to form a surface of muted blues, mauves, pinks, and browns reminiscent of an oyster shell before it has been polished, a cloudy opal, or tarnished silverware: objects weathered by time. 

Pilon’s paintings exist in a state of ambiguity. This resistance to categorization makes Pilon’s works particularly difficult to describe; they seem to sit at the edges of meaning. But they are forgiving objects, sympathetic to our desire to unearth and forge memories within the subtle inflections of colours and brushstrokes. Shadows of landscapes and figures lurk within layers of abstraction, giving shape to the way memory brings images in and out of focus and setting our own memory in motion. 

It Once Was a Garden suggests a lost utopia. Pilon creates an atmosphere drawn from urban façades, early modern painting, and frescos. This attention to the historicity (the specificity of its time and place) of colour imparts a sense of the longue durée, an accumulated materiality shaped by collective experience. Pilon’s paintings capture the density of time. As we watch, they grow heavier.

— Sara Nicole England