KARILEE FUGLEM @ pfoac

FUGLEM_KARILEE

« Résidence »
17 mars — 28 avril | March 17 — April 28
pfoac.com

L’artiste a travaillé en galerie pendant quatre semaines pour observer les changements dans la lumière naturelle et l’ambiance, et elle y a réalisé une série d’œuvres d’art et d’objets pour réinterpréter la source et la direction de la lumière dans l’espace. Depuis la réouverture de la galerie en septembre 2016 à la suite d’améliorations majeures de conception et d’esthétique, Fuglem a exprimé le désir de travailler dans l’espace pour l’investir de sa maîtrise du presque invisible.

 

Jouant avec des matériaux semi-visibles depuis de nombreuses années, je suis devenue attentive aux phénomènes similaires dans le monde qui m’entoure, des différences subtiles dans le jeu de lumière sur diverses surfaces, chaque surface réfléchissant la lumière avec une luminosité et une contrepartie ombragée particulières. Le mouvement le moins remarquable d’ombres de feuilles sur un mur peut m’arrêter net.

Au fil des ans, j’ai rassemblé de nombreuses photos et vidéos de ces cas, un carnet de croquis de plus en plus volumineux. Elles affirment la valeur d’une sorte d’attention détachée, la façon dont nous dérivons continuellement entre voir et ne pas voir, l’entrelacement continu entre les états de conscience.

Mon défi permanent est d’essayer de mettre en évidence ces moments qui semblent ne ressembler à rien, en créant des situations parallèles dans le temps présent. Que je travaille in situ ou non, je vis dans ce que je fais, pour mieux répondre à ces changements. Dans les conditions qui s’offrent à moi — la lumière du jour, l’air ambiant – je joue avec ma palette de matériaux réceptifs, à la recherche de configurations parallèles à ce qui se passe dans le monde naturel, des choses qui flottent et tournoient, qui ondoient et dansent, qui sont réfléchissantes, certaines brillantes, d’autres tranquilles, en fonction de l’heure du jour, du temps et du nombre de personnes présentes. Ces conversations entre le matériau et le lieu occupent le même espace que vous et moi, et nous ressentons cette vie partagée. Ils sont faits sans plus de fanfare que ces choses subtiles que j’aime tant, ou du moins seulement assez pour que je puisse vous montrer ce que je vois.

J’apprends en faisant, en cédant à une continuité désordonnée. C’est un processus lent, et je ne sens jamais que je l’ai « saisi » avant qu’il ne soit temps de passer à autre chose, mais cette temporalité est également nécessaire. Dans une galerie, un de ces rares lieux où nous pouvons tous ralentir, son espace et son ambiance deviennent « la chose » — le cadre, la surface, l’écran, la membrane.

Tout ce qu’il faut, c’est du temps, c’est ce qu’il faut pour voir.

— Karilee Fuglem

The artist worked four weeks in the gallery to study the changes in natural light and ambience, and install a series of artworks and objects to reconfigure the source and direction of light in the space. Since the reopening of PFOAC in September 2016 following major design and aesthetic improvements, Fuglem expressed a desire to work in the space to apply her mastery of the almost-invisible. 

 

Playing with semi-visible materials for many years now, I’ve become attuned to similar things going on in the world around me, subtle differences in light playing over various surfaces, each surface reflecting light with its own particular luminosity and shadowy counterpart. The least remarkable shuffle of leaf shadows on a wall can stop me in my tracks.

Over the years, I’ve collected many photos and videos of these instances, a growing sketchbook of movement. They assert the value of a kind of detached attention, the way we drift continually between seeing and not seeing, the continual intertwining between states of consciousness.

My ongoing challenge is to try to make evident these moments that seem like nothing, by making parallel situations in present time. Whether or not I’m working in-situ, I live in what I’m making, the better to respond to its changes. Within existing conditions, daylight, ambient air, I play with my palette of receptive materials, looking for configurations that parallel what’s going on in the natural world, things that flutter and twirl, waft and bob about, and are reflective, some brightly, some quietly, depending on the time of day, weather, and how many people are around. These conversations between material and place occupy the same space as you and me, and we feel that shared life. They’re made without any more fanfare than these subtle things I love so much, or at least only enough that I can show you what I see.

I learn by doing, giving in to a messy ongoingness. It’s a slow process, and I never feel I’ve “got it” before it’s time to move on, but this temporariness is also necessary. In a gallery setting, these rare places we can all slow down in, its space and ambience becomes “the thing” — the frame, the surface, the screen, the membrane between.

All that’s needed is time, which is what it takes to see.

— Karilee Fuglem