JULIE DELPORTE @ dare-dare

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« Décroissance sexuelle »
8 mars 2018 — 8 mars 2019 | March 8, 2018 — March 8, 2019
dare-dare.org

« Mon thème de travail actuel s’articule autour de la définition de la guérison, considérée individuellement mais surtout collectivement, dans un contexte de culture du viol. Ma pratique du dessin et de l’écriture sont des outils performatifs dans le processus de guérison que j’explore: l’association de mots et d’images sortant d’une même main permet de réconcilier la dissociation à l’œuvre dans le traumatisme. Je les utilise comme une « technique de soi » (Foucault, 1988) mais aussi pour prendre soin de mes lectrices et lecteurs: je partage mes expériences dans l’espoir que les gens se sentent moins seuls, et pour reconstruire une idée de communauté. Comment la culture du viol, révélée davantage encore par la récente vague des #moiaussi, ne nous affecte pas seulement individuellement, mais aussi en tant que société? Je souhaite dépasser la psychothérapie individuelle et proposer des pistes de guérison publique, intégrées dans les sphères de la théorie et des arts. Le tableau lumineux de Dare-Dare offre une diffusion idéale pour provoquer cette friction entre privé et politique.

Pendant la résidence, je propose d’ouvrir des « heures de bureaux de l’autrice ». Des personnes pourront prendre rendez-vous ou s’arrêter au bureau afin de discuter avec moi d’un aspect de la culture du viol auquel elle ou il a été confronté. Lors de ces rencontres, la pratique du dessin sera utilisée comme support de la parole et comme proposition de thérapie collective. À partir des images réalisées à deux et des paroles échangées, j’écrirai les phrases qui seront diffusées sur le tableau. Un travail de care sera effectué afin que la poésie ainsi créée ne soit pas douloureuse dans l’espace public. 24 rencontres donneront lieu à 24 formules écrites ».

— Julie Delporte

«  This current work theme revolves around the definition of healing, considered individually and (above all) collectively, in a context of rape culture. My practice of drawing and writing are performative tools in the healing process that I explore: the association of words and images coming from the same hand makes it possible to reconcile the dissociation at work in a trauma. I use them as a « technique de soi » (Foucault, 1988) but also for caring about my readers: I share my experiences in the hope that people will feel less lonely, and to rebuild an idea of ​​community. How the culture of rape, revealed even more by the recent wave of #moiaussi, does not affects us only individually, but also as a society? I wish to go beyond individual psychotherapy and propose ways of public healing, integrated into the spheres of The theory and the arts. The lightbox of Dare-Dare offers an ideal diffusion context to show this friction between private and political.

During the residency, I propose to open « author’s office hours ». People will be able to make an appointment or stop at the office to discuss with me an aspect of the rape culture that she or he has been confronted with. During these meetings, the practice of drawing will be used as a medium of speech and as a proposal for collective therapy. From the two-person images and the exchanged words, I will write the sentences that will be shown on the board. A care work will be conducted so that the poetry created will not be painful in the public space. 24 meetings will result in 24 written forms.  » 

— Julie Delporte