SKY GLABUSH @ projet pangée

GLABUSH_SKY
Untitled 1, 2018

« Sky Glabush »
26 avril — 2 juin | April 26 — June 2 
Vernissage 26 avril 17h30 | April 26, 5:30PM
projetpangee.com

« Les gens parlent d’accéder aux parties du cerveau comme s’il s’agissait d’un dossier ou d’un ordinateur. Mais le cerveau est dans le corps et la perception dépend autant des mains, de la langue, de la peau, que d’une quelconque commande centrale située dans la tête. Certains mouvements automatiques sont une subversion des éléments analytiques et conceptuels de la pensée : on pense à la répétition d’un mouvement de danse,
la contraction rapide des muscles d’un gymnaste ou encore à la répétition d’un exercice d’entraînement sur
une guitare.

Le dessin, comme ces autres activités, dépend autant du travail de la main et de la réaction de celle-ci sur le crayon et le papier que de la réalisation d’une idée préconçue. C’est un dialogue qui se construit entre la façon dont les choses « devraient » avoir l’air et la manière d’enregistrer comment ces choses « sont » réellement. C’est la distillation de l’expérience, de la sensation et de la pensée dans une composition. C’est pour son immédiateté et sa réactivité que je me tourne régulièrement vers le dessin pour me sortir d’une impasse ou pour tester de nouvelles idées ou pour m’aventurer dans des territoires inexplorés. Il en va ainsi pour ce corpus que je présente dans de cette exposition. Dessiner simultanément avec la main gauche et la main droite fut une expérience qui me permit de trouver la bonne distance avec l’idée de créer une image. Quand on dessine des deux mains ensemble, le regard ne peut pas se concentrer sur le sujet même de l’oeuvre, mais se pose imperceptiblement au centre de la page, devenant une sorte de témoin périphérique. Finalement, il est plus simple de dessiner ainsi avec les yeux fermés. C’est comme un tour de passe-passe qui permet de sortir du descriptif pur et ouvre une conversation mystérieuse entre les deux hémisphères de son corps. Il y a une symétrie et un effet miroir qui en découlent et c’est sur ce processus qui je voulais enquêter, sur la création de cet écho. Les visages ou les personnalités qui ont émergé n’étaient pas intentionnels et m’ont donc souvent surpris. Ajouter la couleur fut un moyen de donner corps à ces caractères, de tenter de découvrir ce qui était leur essence véritable.

Je me suis appliqué à tisser depuis plusieurs années maintenant. C’est une pratique à laquelle je retourne comme moyen d’explorer le motif, la répétition, le processus, le rituel, la méditation, le travail. J’aime tisser dans la mesure où je n’ai pas à penser vraiment à ce que je vais faire. Je choisis simplement une couleur et je jette la navette avec sa laine de ma main droite vers ma main gauche et ainsi de suite. Il y a des pédales sur le métier à tisser que je contrôle avec mes pieds. Le pied gauche soulève le fil d’un côté, le pied droit de l’autre, et la navette continue son chemin d’un côté à l’autre, encore et toujours. La partie achevée du tissage est repliée sur une sorte de tambour et je peux seulement voir deux pieds de tissus à la fois jusqu’à ce que l’ensemble soit terminé, que je coupe le tissu et le sépare du métier. J’essaie de me souvenir des couleurs que j’ai utilisées, gardant autant que possible, l’ensemble de la composition dans ma mémoire. Tout comme le dessin est indexé à sa relation au papier, le tissage imprime littéralement les décisions relatives à la couleur et à la ligne dans le corps même du tissu. C’est un peu comme la peinture, mais plus primordial, plus élémentaire si l’on considère que le tissage crée la surface même sur laquelle la peinture est elle apposée. Le dessin et le tissage proviennent tous deux d’une conversation entre le cerveau et la main. Tous deux créent une conversation ambidextre entre le processus conscient de la fabrication d’une œuvre d’art et une réaction plus physique, et irréfléchie avec le corps ».

— Sky Glabush

 » People talk about accessing parts of the brain as if it were a computer or a file folder. But the brain is in the body and perception is as much about the hands, the tongue, the skin as it is located in some central command centre in your head. Certain automatic movements aim to subvert the analytical and conceptual elements of thought: like the repetition of a dance move, or the quick-twitch muscles of a gymnast; the repetitive gesture of practising scales on a guitar.

Drawing, like these other activities, relies as much on the hand and its reaction to the charcoal and paper as it does to a carefully crafted idea. It is a dialogue between assumptions about the way things « should » look and the action of recording how things « are. » It is a distillation of experience, feeling and thought into a composition. It is for its immediacy and responsiveness that I often turn to drawing to get me out of an impasse or to test new ideas or to venture into unexplored territory. So it is with this body of work. Experiments in drawing simultaneously with both the left and right hands allowed me to even further distance myself from the idea of rendering an image. When drawing with both hands together the eyes cannot focus on the subject but rather rest on the centre of the page allowing for a peripheral kind of witnessing. In fact, it’s easier to draw like this with your eyes closed. It’s a bit of a trick. But it gets outside of the descriptive and opens up a strange conversation between the two hemispheres of your body. There is a symmetry and a mirroring that happens and it was this process of echoing that I wanted to investigate. The faces or personalities that emerged were unintentional and often surprised me. Adding colour was a means of fleshing the characters out so to speak, trying to figure out what they were all about.

I have been weaving for a few years now. It is something that I return to as a means of exploring pattern, repetition, process, ritual, meditation, labour. I love weaving in that I really do not have to think about what I am going to make. I simply choose a colour, and throw the shuttle full of wool from my right hand to the left and back again. There are pedals on the loom that I operate with my feet. Left foot lifts the threads one way, right foot the other, and the shuttle is floating back and forth over and over. The completed part of the weaving is wound over a kind of a drum and I can only see about two feet of the piece at a time until it’s finished and cut off the loom. I try to remember the colours I’ve used, keeping the overall composition in my memory. Like drawing and its indexical relationship to the paper, weaving literally embeds the decisions about colour and line into the fabric of the piece. It is like painting but more primordial, more elemental for weaving creates the actual surface upon which a painting can be created. Both the drawings and the weavings are a conversation between the brain and the hand. Both operate ambidextrously and seek to create a conversation between the conscious process of making a work of art and a physical, prelingual and unthought reaction within the body « .

— Sky Glabush