EVA BRANDL @ occurrence

BRANDL_EVA

« Entre / ACTE(s) »
15 mars — 21 avril | March 15 — April 21
Vernissage 15 mars 17h30 | March 15, 5:30PM

occurrence.ca

Entre / ACTE(s) de Eva Brandl s’inscrit dans la continuité d’une réflexion sur la dimension subjective du réel. Le pouvoir évocateur de l’image et du lieu y est interpellé par la création d’associations mises en situation de réciprocité où réalité et fiction s’entrecroisent. L’œuvre exposée propose une vision oblique des interprétations du monde naturel. Les photographies représentent des sujets surdimensionnés, situés à la limite du réel et du fantastique. Au carrefour du naturalisme, de l’ornithologie et de l’éthologie, ces images d’espèces aviaires interrogent notre relation au monde animal et à la nature, mais surtout, nous invitent à une remise en question de notre propre humanité. Elles nous conduisent à des représentations mythiques ouvertes sur une dimension poétique mettant en jeu le naturel et l’artifice, le vivant et le non- vivant. Dans un temps dilaté de la perception, la posture des spécimens représentés génère un sentiment d’attente et d’anticipation, laissant présager un événement imminent. La mise en espace qui associe des objets aux images est placée sous le signe d’une proximité intentionnelle. Elle dévoile des relations qui marquent le lieu à la fois comme dimension imaginaire et comme réalité tangible. S’éloignant d’une représentation objective du naturel, le propos de l’œuvre nous fait hésiter entre une figuration et une allusion à une image autre, métaphorique ou onirique. Il en résulterait une insistance du regard, par-delà le sujet représenté, vers un ailleurs imprécis, un locus imaginaire; un glissement d’une dimension sensible vers un au-delà de ce qui est donné à voir.

« What we call wildness is a civilization other than our own ». 

— D.H. Thoreau

Eva Brandl’s ensembles present avian species as mythical personifications manifest in theatrical and poetic environments. At the intersection of naturalism, ornithology and ethology, her oversized photographs of mounted birds, inert props posed to appear alive, forge connections between the artificial and the real. By strategically setting up fabricated sculptural components in relation to the photographs within a space the viewer can occupy, she encourages a sense of reciprocity between bird and viewer and introduces a shared temporality separate from that of the photographs considered alone. The scenes draw their poetic charge from the elusive world sensed in the collision between image and space, between the time of the viewer and the always of myth. The suspense and uneasy anticipation they generate transcends the visual. The embodied experience suggests the power of nature to activate the imagination and prompts reflection on the subjective dimension of perceived reality. What emerges is an oblique sense of the relationship between humans and nature, intuited through this enigmatic encounter.

“What we call wildness is a civilization other than our own .

— D.H. Thoreau