LEYLA MAJERI @ uqam

MAJERI_LAYLA
There, for a second, 2017

« Don’t Blame Us If We Get Playful »
10 mars — 14 avril | March 10 — April 14
Vernissage 10 mars 15h | March 10, 3PM
galerie.uqam.ca

Le travail de la jardinière consiste à creuser et à entretenir plusieurs aspects de la matière, en tenant compte des besoins de celle-ci pour croitre, des types de relations bénéfiques à la vie et du rôle que la mort doit parfois y jouer. Bien que la pratique de l’artiste en atelier s’engage quant à elle dans une tout autre relation avec la matière, un rapport de réciprocité subsiste, menant parfois à une perte de maitrise et par conséquent à des résultats imprévisibles. Dans l’activité artistique tout comme dans celle du jardinage, la distinction entre le geste de cultiver et l’objet cultivé s’estompe à mesure que l’on s’attarde à saisir l’esprit d’une chose qui nous échappe et nous surprend. En prenant appui sur la pratique du jardin, Leyla Majeri élabore une approche sculpturale pour sonder les diverses matérialités, notions et apories qui émergent d’un tel croisement, offrant ainsi un regard inusité sur la relation ambivalente entre nature et culture.

Se déployant au sol, l’exposition Don’t Blame Us If We Get Playful propose un environnement dans lequel se brouillent deux pratiques qui, de manières distinctes et à différentes échelles, (re)négocient les limites de la matière. Papier, carton, plâtre et divers rebus y sont manipulés et mis en scène non pas pour prétendre à un jardin, mais bien pour en explorer les limites poreuses. Guidée par cette approche plurielle et spéculative, Leyla Majeri s’attarde aux intersections de l’imaginaire, de la nature et du politique, traçant en chemin leurs liens écologiques.

A gardener might work by digging through and tending to material stuff, figuring out what it needs to grow and flourish, what sort of relationships need to be forged to create a life, what needs to die. While the studio artist approaches the physical world in a very different way, the relationship with materials remains one of reciprocity, a shifting balance where mastery is gained and lost, where the unexpected springs up. In art, as in gardening, the distinction between the act of cultivating and the object cultivated fades as we try to harness the spirit of that which eludes and surprises us. The artist draws on the practice of gardening to develop a sculptural approach that probes the various materialities, notions and apories emerging at the intersection of art and gardening, thus offering an unusual look at the ambivalent relationship between nature and culture.

Inside the gallery space, art and gardening blur, each practice arriving from a different plane and scale, meeting at ground level to (re)negotiate the limits of matter. Paper, cardboard, plaster and various refuse are sculpted and arranged, not to imitate a garden, but to explore its porous limits. Guided by this eclectic and speculative approach, Majeri draws attention to the intersections of the imaginary, nature and politics, tracing their connections along the way.