BAIRD & BLAIN @ projet pangée

Projet Pangé
All Hat, No Cattle, 2018, vue d’installation. Photo : Jean-Michael Seminaro

Dans All Hat, No Cattle, Trevor Baird et Simone Blain utilisent le mode de la répétition de façon ordonnée et constante pour s’exprimer, cette répétition n’empêchant pas leurs récits d’être ouverts à de multiples interprétations. Les oeuvres exposées, des céramiques et des peintures, poussent le spectateur à s’interroger sur l’apparition de la beauté dans une production artistique brute. Le naïf et le joli glissent imperceptiblement l’un vers l’autre, les lignes se mettent délicatement en mouvement, des caractères apparaissent et vivent leur histoire propre de façon dynamique.

Cette exposition est une enquête sur la notion d’essai et d’erreur, sur le recyclage et l’organisation des formes et des matières. Les deux artistes ne craignent pas d’offrir à la vue du public les différentes étapes de leur travail, couches superposées ou effacements divers, menant à l’oeuvre finie. L’improvisation coexiste avec des considérations théoriques portant sur la forme, la couleur, et la texture. Des figures récurrentes aux expressions stylisées font office d’idées et de projections personnelles des artistes.

La production de Trevor Baird se base fortement sur l’évolution des notions de fonctionnalité, de décoration, et de travail. Son intérêt initial pour la bande dessinée et les récits illustrés le porte à vouloir créer des histoires et des possibilités narratives, mais sa pratique actuelle le pousse à sortir tous les éléments dessinés de leur contexte. Utilisant des dessins et photographies pris dans leur environnement quotidien, il crée des oeuvres céramiques en imprimant ces éléments d’histoires comme motifs sur de fines couches de plâtre. Son processus sérigraphique est une insistance sur la valeur de la production en série, les détails sont parfois très nets mais parfois délavés. Dans le rendu de la terre cuite, on sent souvent la tendresse de l’aquarelle. Ses oeuvres fusionnent élégance et fonctionnalisme dans une forme tridimensionnelle ambiguë. Pliée, déchirée, cassée, et coupée, l’argile prend une forme industrielle tout en conservant le geste humain. Le type même du vase de porcelaine, très présent dans son travail est le point de rencontre du métissage que réalise l’artiste entre culture érudite et populaire.

Simone Blain peint ses tableaux dans un style épuré qui s’apparente au dessin minimaliste. Basculant entre l’absurde et le sensible, son travail aborde les thèmes de la sentimentalité, du romantisme et des peines d’amour en utilisant un humour pince-sans-rire. Blain trouve dans le quotidien sa source d’inspiration, elle note et enregistre frénétiquement ce qui l’entoure de manière à en faire le matériel de sa pratique artistique. Elle s’inspire souvent dans ses peintures récentes de textiles et d’artisanat traditionnels, ou des photographies qu’elle emmagasine jours après jour sur son téléphone. Elle emploie fréquemment la méthode de la répétition, de la forme, de la texture et de la couleur dans ses compositions. Ses peintures expriment le sens du rythme. Le processus créatif de Blain se fait lentement, pas à pas, les lignes se construisent sur la surface en couches successives. Elle découpe des bandelettes de ruban adhésif qui révèlent un subtil relief de peinture à la surface de la toile. L’image produite est méticuleuse, elle est également le produit du hasard.

In All Hat, No Cattle, Trevor Baird and Simone Blain use open-ended narratives to balance diligent, ordered forms in repetition. In this exhibition of ceramics and paintings, their works inhabit a muddy space where naïve and pretty commingle in an attempt to push the boundaries of what is tasteful. As patterns build, naively drawn figures shift and become at once embarrassed and robust. Tests and scraps are recycled and reorganized to create a body of work that marks time and persistence; visual cues not only showcase mistakes but also indicate where marks have been covered up or erased completely.

Resourcefulness exists in tension with formal considerations of colour, line and texture, to create awkward objects that skirt the rules of what constitutes fine art. Recurring characters are placed as stand-ins for personal projections and ideas, with reduced facial expressions that attempt eye contact, but end up cross-eyed.

From a cache of personal drawings and pictures, Trevor Baird creates ceramic works by imprinting images and patterns flat on plaster. His work relies heavily on the histories of function, decoration, labour and temporality. Working initially with comics and image-based narratives, the shutting off and finality of a book or flat image caused him to look for a way to decontextualize and open an image while continuing to hold or create narrative possibilities. Repetitive silk screening creates detailed copies of poor images, tenderly painted like watercolours. Layers build up backwards before they are transferred to wet clay, to be folded and forced into shape. Taken from what can be found on Google under “generic Glass Vase” many of his works begin to represent the western postmodern image of pottery. Distilled for no obvious reason, they become unobstructive, merging utility and elegance into an ambiguous 3D form. Bending, ripping, breaking, folding and cutting, the clay takes an outer industrial form while retaining human touch. The shape of the vase made in porcelain is an attempt to heighten the importance of the imagery through worth, a push/pull between low and high culture as well as labour, value, and class.

Simone Blain’s paintings focus on the vernacular, mundane world of human relationships, using a tongue-in-cheek childlike approach with a direct and pared down drawing style, rendered in paint. Her work uses humour as a mechanism to speak about sentimentality, heartbreak and romance. Inspired by the quotidian, Blain gathers source material in such a way that echoes her hyperactive tendency to record her surroundings visually. Many of the formal considerations in Blain’s recent paintings are drawn from traditional textiles and craft, or photographs that she collects daily on her cellphone. Frequently employing devices such as repetition of form and texture, colour and composition, her paintings strive for sense of rhythm. Blain’s process is slow, lines build up on the surface in layers. She cuts away strips of painter’s tape to reveal a subtle relief of paint upon the canvas, producing an image that is at once meticulous and casual.